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Conneries et idiotie de Nasr Eddin Hodja!

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1 HAUT FAIT D'ARMES le Mar 18 Sep - 15:23

Maïssam

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Un soir, à la maison de thé, des anciens combattants, vantards et braillards, se racontent leurs campagnes.
Avisant le Hodja qui semble les regarder dans son coin avec ironie, l'un d'eux le prend à partie :
- Ô Nasr Eddin, gros impotent ! Raconte-nous donc aussi tes exploits. L'assemblée part d'un grand éclat de rire.
- Par Allah le Véridique ! répond Nasr Eddin, écoutez bien ce haut fait : un jour, sur le champ de bataille, je me jette sur un Tartare et d'un seul coup de sabre je lui tranche les deux jambes.
- Mais si tu es si fort, lui rétorque le fier-à-bras, ce ne sont pas les jambes qu'il fallait lui trancher, mais la tête.
- Impossible. Quelqu'un l'avait déjà fait avant moi.

2 TOUTE QUESTION MÉRITE RÉPONSE le Mar 18 Sep - 15:00

Maïssam

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Un homme qui avait passé sa vie dans l'étude éprouvait de la jalousie pour Nasr Eddin qui lui semblait usurper sa réputation de savant.
Pour le mettre à l'épreuve, il lui envoie une liste de quarante questions dont l'énoncé à lui seul suppose déjà de grandes connaissances. Dans une lettre d'accompagnement, il prie Nasr Eddin de répondre à chacune.
Nasr Eddin prend la liste et, en guise de réponse à la première question, écrit : « Je ne sais pas. » A la deuxième, il écrit de nouveau : « Je ne sais pas. » Et ainsi de suite, sans aucune exception jusqu'à la quarantième.
Sa femme qui l'a vu faire se moque de lui :
- Nasr Eddin, tu as vraiment perdu ton temps de façon stupide. Tu aurais dû écrire tout simplement : je ne connais aucune^ réponse.
- Ô fille de l'oncle ! Comme tu es ingrate ! lui répond le Hodja. Tu ne comprends pas que cet homme s'est donné la peine de m'étaler toute sa science avec ses questions. Et moi, par politesse, avec mes réponses, je lui étale toute mon ignorance.

3 ON NE LE DÉRANGE PAS POUR RIEN le Mar 18 Sep - 14:57

Maïssam

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Nasr Eddin est confortablement installé à l'ombre sur le toit en terrasse de sa petite maison. La température y est très douce et il compte bien paresser là jusqu'au soir.
Soudain il est tiré de sa torpeur par une voix qui crie :
- Eh ! Nasr Eddin ! Es-tu là ? Nasr Eddin, viens voir un
peu en bas.
Nasr Eddin se garde bien de répondre à cet importun.
- Oh ! Hodja ! Je sais bien que tu es là-haut. Descends, j'ai une question importante à te poser.
Au bout de plusieurs appels, Nasr Eddin finit par se lever à grand-peine. Il descend et trouve devant l'entrée un mendiant qu'il connaît.
- Nasr Eddin, j'ai une question à te poser.
- Eh bien, pose ta question.
- As-tu une pièce à me donner ?
- Ah, par Allah, quel malin tu fais ! Tu le sais bien, qu'on ne me dérange jamais pour rien ! Allez, monte avec moi.
Et ils grimpent tous les deux jusqu'au faîte de la maison.
- Maintenant, lui dit Nasr Eddin, je vais te donner ma réponse : non.

4 MAÎTRE ET DISCIPLES le Mar 18 Sep - 14:44

Maïssam

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Lorsqu'il se promenait avec ses ahmads, Nasr Eddin montait son âne et les autres suivaient à pied. Mais il chevauchait à l'envers.
Ce cortège, d'autant plus singulier que c'est le châtiment infligé au faux témoin que de devoir faire le tour de la ville dans cette posture, circule assez souvent dans les rues et dans les environs mais personne n'ose demander la raison de cette manière de procéder.
Un des élèves s'y risque pourtant un jour et le Hodja le lui explique aimablement :
- Si j'allais derrière vous, vous me tourneriez le dos et il n'est pas décent que des élèves se montrent ainsi à leur maître. Si je montais l'âne à l'endroit, je vous tournerais le dos et je ne pourrais pas vous surveiller. C'est donc la seule solution correcte.
- Pourtant, plaisante l'élève, ainsi tu tournes le dos à
l'âne.
- Certes, mais lui c'est autre chose. Je l'ai déjà enseigné et il en sait à présent autant que moi-même. Nous pouvons donc nous ignorer.

5 ET SI C'ÉTAIT VRAI ? le Mar 18 Sep - 14:42

Maïssam

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Nasr Eddin croise dans la rue une bande de chenapans qui lui ont infligé plusieurs fois des plaisanteries d'un goût douteux et il aimerait bien leur donner une petite leçon.
Il leur lance au passage :
- Que restez-vous là, vous autres, à ne rien faire ? Vous ne savez donc pas que la femme du cadi organise une fête pour tous les enfants de la ville ?
- Comment te croire, Nasr Eddin ?
- Que la barbe me tombe si je mens ! Dépêchez-vous, sinon il ne va rien vous rester.
Aussitôt les enfants se mettent à courir aussi vite qu'ils le peuvent vers la maison du cadi en poussant des cris de joie.
- Et si c'était vrai ? se dit Nasr Eddin en les voyant s'en aller avec tant d'enthousiasme. Par Allah ! Il faut que j'aille y voir, moi aussi !
Et le voilà parti vers la maison du cadi, courant comme un gosse.

6 À QUOI RECONNAÎT-ON UN MORT ? le Mar 18 Sep - 8:43

Maïssam

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Nasr Eddin demande un jour à sa femme à quoi selon elle on reconnaît qu'un homme est mort ou simplement endormi. Pour sa part, il ne voit aucun signe indubitable permettant de faire la distinction à coup sûr. Khadidja se moque de lui :
- Quel grand médecin tu es, mon pauvre mari ! Quand un homme a les mains et les pieds froids, c'est alors qu'on peut être certain qu'il est passé de vie à trépas.
La réponse paraît satisfaisante à Nasr Eddin qui, quelques jours après, s'en va couper du bois à la forêt avec son âne. C'est l'hiver, et il gèle à pierre fendre. Le Hodja, de plus, s'est un peu égaré et, au bout d'un moment, il constate qu'il a les mains et les pieds froids. Il pense qu'il est mort, et alors se couche dans la neige au pied d'un arbre. Des loups ne tardent pas à se présenter, qui dévorent l'âne.
- Vous avez de la chance que je ne sois plus là, leur crie Nasr Eddin ; mais prenez bien garde d'avoir fini avant que je ne ressuscite.

Maïssam

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Un jour, Mustafa, le gros richard de la ville, réputé pour son âpreté au gain, tombe dans la rivière. Il ne sait pas nager ; le courant commence à l'emporter, tandis qu'on l'entend appeler au secours.
Les riverains se précipitent ; on se penche au-dessus de l'eau, des dizaines de bras se tendent pour tenter de l'attraper au passage :
- Donne la main, Mustafa, donne la main !
Mais, les yeux exorbités, il regarde désespérément ses sauveteurs sans rien faire pour s'aider. Il est déjà presque trop tard lorsque Nasr Eddin surgit. Il écarte la foule et crie en lui tendant la main :
- Tiens, Mustafa, prends ma main, prends !

8 ÉCRIRE ET MARCHER le Mar 18 Sep - 8:28

Maïssam

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- Nasr Eddin, j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul. Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond Nasr Eddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers donc de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds, je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que j'aille moi-même auprès du destinataire pour lui lire ma lettre.

9 LA PERTE DE SON ANE le Mar 18 Sep - 8:23

Maïssam

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Nasr Eddin a perdu son âne. Il s'est sans doute égaré dans les collines avoisinantes mais, au lieu d'aller le chercher, le Hodja parcourt les rues de la ville en criant :
- Louange à Allah ! Louange à Allah !
Les gens, sachant combien Nasr Eddin a de l'attachement pour son âne et quels dangers les bandes de loups peuvent faire courir à l'animal, ne manquent pas de s'étonner :
- Comment se fait-il, Nasr Eddin, que tu rendes grâces à Allah pour la perte de ton âne ? Ne vaudrait-il pas mieux implorer Son aide ?
- Décidément, vous ne comprenez rien ! Je rends grâces à Allah de n'avoir pas été sur le dos de mon âne quand il s'est égaré.

10 ENIGME le Lun 17 Sep - 4:12

Maïssam

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Dans une autre circonstance, Nasr Eddin se rend chez le boucher, et lui demande deux ocques de filet de mouton. Le boucher les lui débite, et Nasr Eddin rapporte la viande à sa femme :
- Avec cet excellent filet, lui commande-t-il, prépare-nous des brochettes aux épices, et n'oublie pas de bien les relever, comme je les aime !
Puis il s'en retourne au marché, où l'appellent ses occupations.
Khadidja, à peine a-t-il le dos tourné, fait cuire en toute hâte le filet et s'en régale avec une voisine, sans en laisser une bouchée.
Lorsque Nasr Eddin rentre, il sent le fumet délicieux du mouton grillé, et ses narines s'en dilatent de plaisir. Il se met à table, mais pour tout repas, sa femme lui sert une purée de pois chiches. Pas de trace du kebab, auquel il n'a cessé de penser toute la matinée.
- Ô fille de l'oncle, ce kebab, est-ce pour aujourd'hui ou pour demain ? Je m'impatiente...
- Par Allah, il est arrivé malheur au kebab, Nasr Eddin : le chat l'a dévoré tout entier tandis que j'étais aux cabinets.
Nasr Eddin bondit sur ses pieds, se saisit du chat qui, comme d'habitude, somnole sur son coussin, et il le soupèse : deux ocques à peu près. Il se tourne alors vers son épouse :
- Dis-moi, dévergondée, tu vas me résoudre cette énigme : si c'est le chat que je tiens, où est passée la viande ? Et si c'est la viande, où est passé le chat ?

11 GRATITUDE le Lun 17 Sep - 4:06

Maïssam

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Nasr Eddin se met en tête d'offrir à Timour Leng quelques figues de son jardin pour se concilier ses bonnes grâces. Le Hodja ignore à quel point le Tartare a ce fruit en horreur.
A peine Nasr Eddin les lui a-t-il donnés que Timour en prend une bien mûre et la lui lance au visage.
- Allah est grand ! s'exclame Nasr Eddin sans broncher, quoiqu'il soit tout couvert du jus et de la chair éclatée aux mille pépins.
Agacé, Timour Leng en prend une autre et recommence.
- Grâces te soient rendues, Allah ! Et Nasr Eddin a l'air aussi content que si on lui annonçait une livraison de halva.
- Arrête, fils de chacal ! cria Timour exaspéré. As-tu fini de rendre aussi stupidement grâces au ciel ? Tu ne vois pas dans quel état j'ai mis ta tête et ton turban ?
- Je comprends ta surprise, ô mon maître, mais quand je pense que j'ai failli t'apporter des melons !

Maïssam

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Il existe plusieurs récits de la première rencontre de Nasr Eddin avec Timour Leng (ou encore Tamerlan), le grand conquérant tartare. En voici un :
Pour s'introduire auprès de Timour Leng, Nasr Eddin se fait passer pour un prophète qui peut dire l'avenir et faire des miracles. Le tyran, aux oreilles de qui parvient le bruit de ces talents, veut savoir s'il s'agit d'un fou ou d'un imposteur : il le fait arrêter et demande à des médecins de l'examiner.
Ceux-ci l'auscultent alors avec le plus grand soin. Leur diagnostic est qu'il ne s'agit ni d'un fou ni d'un imposteur, mais simplement d'un paysan un peu demeuré, dont la tête et le sang sont échauffés par une nourriture grossière.
Timour Leng, trouvant le bonhomme plutôt sympathique, donne ordre qu'on lui serve pendant un mois la nourriture la plus raffinée, la même qu'on prépare pour sa propre table. Au bout d'un mois, il convoque le patient, afin de juger des effets de la prescription.
- Approche, mon brave. Ma médecine t'a-t-elle fait du bien ?
- Le plus grand bien, Seigneur.
- A la bonne heure ! Tu ne prétends donc plus être un prophète, n'est-ce pas ?
- Oh, non, Seigneur ! Maintenant, je suis devenu Allah lui-même.
Timour Leng en rit jusqu'à tomber à la renverse et la légende ajoute qu'il prit l'homme à sa cour comme bouffon.

13 PRÉCAUTION. le Lun 17 Sep - 3:47

Maïssam

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Nasr Eddin est au marché, en train de négocier quelque affaire, lorsqu'un jeune malotru, qui discute lui-même de son côté, vient à lui appuyer sans égard le pied sur les orteils :
- Le salut sur toi, l'ami ! l'interpelle Nasr Eddin en lui tapant familièrement sur l'épaule. N'es-tu pas le fils du cadi ?
- Moi, point du tout, lui répond l'autre avec arrogance.
- Celui de l'imam, alors ?
- Quelle idée !
- Un protégé de Timour, peut-être ?
- Encore moins !
- Alors, lui crie Nasr Eddin sans plus de ménagement, retire immédiatement ton pied ou je te casse la tête, fils de chien !

14 LE DIAGNOSTIC. le Lun 17 Sep - 3:42

Maïssam

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Nasr Eddin, qui veut connaître tous les secteurs de l'activité humaine, cherche à s'initier à la médecine. Il va trouver un homme de l'art de ses amis, auquel il demande s'il peut l'accompagner lors de sa prochaine visite.
Le patient est un homme qui souffre de maux de ventre :
- Ce n'est rien, le rassure le médecin presque aussitôt : tu as mangé trop de cerises, et cela t'a donné la colique. Observe la diète, et dans deux jours il n'y paraîtra plus.
Nasr Eddin en reste tout ébahi : quelle rapidité, quelle sûreté dans le diagnostic !
- Est-ce donc Allah Lui-même qui t'insuffle Sa science ? demande-t-il à son ami.
- Pas du tout, répond l'autre. C'était un cas très facile : dès que je suis entré, j'ai vu qu'il y avait sous le lit un véritable tas de noyaux de cerises. Il n'y avait qu'à se fonder sur l'évidence !
Nasr Eddin se dit qu'à ce compte-là il peut bien exercer lui aussi la médecine.
Il entre chez son premier malade, et constate qu'il n'y a rien sous le lit.
- Ce n'est pas grave, en conclut-il, tu as une colique. Mais à l'avenir, évite de manger tes babouches.

15 LA MARMITE. le Lun 17 Sep - 3:38

Maïssam

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Nasr Eddin va trouver sa voisine pour lui emprunter une grande marmite car il a invité beaucoup de monde à manger.
La voisine la prête à regret, multipliant les recommandations.
-T- Ne t'inquiète pas, la rassure Nasr Eddin, j'en prendrai le plus grand soin, et demain sans faute, tu seras rentrée dans ton bien.
Un jour, puis deux se passent, sans que Nasr Eddin ait rapporté l'ustensile, à la grande inquiétude de la voisine : ne serait-il pas arrivé quelque malheur à sa chère marmite ?
Au bout de cinq jours, n'y tenant plus, elle se rend chez Nasr Eddin :
- Réponds-moi franchement. Tu l'as cassée, n'est-ce pas?
- Pas du tout, répond l'emprunteur, tout épanoui. J'ai au contraire un heureux événement à t'annoncer : ta marmite a eu un petit.
Et il va la chercher, en soulève le couvercle, et montre, à l'intérieur, la même exactement, en plus petit.
- Oh ! quelle surprise ! s'écrie la voisine, et comme il est mignon, ce bébé marmite !
- Emporte-les, offre Nasr Eddin. Les deux sont à toi : on ne sépare pas la mère et l'enfant.
- Je ne suis pas pressée, je ne suis pas pressée, cher Nasr Eddin ; garde-les encore un peu chez toi, si tu en as besoin.
Et la voisine repart, se disant qu'à ce compte-là elle aurait bientôt une batterie toute neuve.
Trois jours plus tard, c'est Nasr Eddin cette fois qui frappe à sa porte :
43
_ Alors, cher voisin, encore une bonne nouvelle ? _ Hélas, non, chère voisine, une mauvaise.
- Et laquelle ?
- Maman Marmite est morte ce matin.

16 CONVERSATION. le Lun 17 Sep - 3:36

Maïssam

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Passant devant une maison de thé, Nasr Eddin y voit un homme habillé de la même façon que lui, et portant le même turban. Il entre et engage la conversation.
On parle de la pluie et du beau temps, après quoi Nasr Eddin se lève pour se retirer, mais l'homme lui demande alors :
- Excuse ma question, l'ami, mais qui es-tu ?
- Qui je suis, répond Nasr Eddin, ça, je n'en sais rien. Mais ce que je peux te dire, c'est que je souhaitais avoir une petite conversation avec moi-même.

17 L'EFFET DE L'OPIUM. le Lun 17 Sep - 3:29

Maïssam

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Nasr Eddin avait entendu dire que l'opium mettait en euphorie et faisait voir les choses tout à fait autrement qu'elles ne sont.
Il décide donc d'essayer, et se rend chez le marchand où il se procure à grand prix de quoi allumer quelques pipes. Après quoi, il entre au bain, se déshabille et commence à fumer son narguileh...
Rien ne se passe. Même au bout d'une heure, Nasr Eddin n'éprouve rien, tout est normal, tout est ordinaire, et la colère monte en lui : ce n'est pas de l'opium qu'on lui a vendu, c'est de la poudre de perlimpinpin !
Il sort furieux du hammam, bien décidé à récupérer son argent. Il traverse toute la ville, nu comme un ver, sans même s'apercevoir que sur son passage on rit ou on le couvre d'insultes. Il est hors de lui quand il arrive à la boutique :
- Mon argent, escroc ! Ton opium ne m'a fait aucun effet !
- En es-tu bien sûr ? demande le marchand.

18 UN REMÈDE POUR L'INTELLIGENCE. le Lun 17 Sep - 3:28

Maïssam

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Il y avait dans le village voisin un garçon bête, mais bête au point d'avoir du mal à reconnaître ses parents, lesquels décidèrent, un jour, de consulter le Hodja :
- Nasr Eddin, sais-tu le moyen de faire revenir un peu d'intelligence à notre fils, juste assez pour qu'il puisse garder les oies sans nous en perdre une par jour ?
- Vous ne pouviez mieux tomber, répond le Hodja : je connais la recette des pilules miraculeuses. Revenez demain.
Une fois seul, Nasr Eddin ramasse des crottes de bique et les roule dans le sucre une par une.
Le lendemain, les parents sont de retour, accompagnés de leur idiot, auquel Nasr Eddin tend deux « pilules » :
- Tiens, mon fils, goûte-moi un peu ça, qui va te faire marcher la cervelle.
Le garçon les prend et les met dans sa bouche :
- Mais c'est de la merde ! s'écrie-t-il en les recrachant aussitôt.
- Vous voyez, triomphe Nasr Eddin en se tournant vers les parents, ça vient, ça vient !

19 GALANTERIES. le Lun 17 Sep - 3:25

Maïssam

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Nasr Eddin se promène au bord de la rivière. Il rencontre là un groupe de femmes qui reviennent de laver du linge. Ce sont des effrontées, bien connues dans toute la ville pour la légèreté de leurs mœurs.
Elles s'approchent de l'homme, et l'entourent comme un essaim^d'abeilles :
- Ô vénérable Hodja ! Défais un peu ce turban solennel, et viens t'amuser avec nous !
L'une d'elles va même jusqu'à relever sa robe pour lui montrer son am. Nasr Eddin détourne la tête en s'écriant :
- Ô protecteur de la pudeur, accorde-moi ton refuge ! Sa résistance ne fait qu'exciter davantage les lavandières, qui lui lancent :
- Nasr Eddin, où donc est passée ta religion, que tu te voiles la face à la vue du « Paradis du pauvre » ?
Alors Nasr Eddin se retourne et, soulevant son djubbé jusqu'à la taille, le voilà qui enveloppe son sik de la toile de son turban, comme on banderait un cadavre.
- Que fais-tu là ? lui demandent les femmes intriguées.
- Belles houris, voyez : il y a là un pauvre qui demande à entrer au Paradis !
Les femmes éclatent de rire à en tomber à la renverse, mais l'une d'elles aperçoit quelque chose qui pend de part et d'autre du linceul.
- Et ceux-là, avec leur tête d'œuf, qui sont-ils, ô Nasr Eddin?
- Ce sont les deux fils, qui gardent le tombeau !

20 LES RICHES ET LES PAUVRES. le Lun 17 Sep - 3:24

Maïssam

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A une sécheresse de plusieurs mois avait succédé la famine. Mais tout le monde ne mourait pas de faim pour autant : les riches avaient pris soin de faire d'amples réserves de blé, d'huile, de légumes secs et de viande séchée.
Khadidja dit alors à son mari :
- Nasr Eddin, toute la ville te tient pour un homme de poids. Ne reste pas les bras croisés ; va sur la place, rassemble tout le monde, et tente de convaincre les riches de donner à manger aux pauvres.
Nasr Eddin trouve pour une fois que sa femme a raison. Il fait comme elle dit et deux heures après, rentre, la mine réjouie.
- Ma femme, rendons grâce à Allah le Miséricordieux !
- Ah ! Tu as donc réussi ?
- Ce n'était pas une mission facile. A moitié.
- Comment cela, à moitié ?
- Oui : j'ai réussi à convaincre les pauvres.

21 POURQUOI RIRE? le Lun 17 Sep - 3:23

Maïssam

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Nasr Eddin était gros. Un jour qu'il voulait enfourcher son âne, il s'y prit maladroitement, et, basculant par-dessus le dos de l'animal, il se retrouva à terre de l'autre côté, les quatre fers en l'air, pour le plus grand amusement de tous.
- Vous riez bêtement, conclut le Hodja en se relevant péniblement. De toute façon, je devais bien redescendre...

22 LE SOLEIL ET LA LUNE. le Lun 17 Sep - 3:21

Maïssam

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On aimait bien embarrasser Nasr Eddin avec des questions oiseuses, ou carrément impossibles à résoudre. Un jour, on lui demande :
- Nasr Eddin, toi qui es versé dans les sciences et les mystères, dis-nous quel est le plus utile, du soleil ou de la lune.
- La lune, sans aucun doute. Elle éclaire quand il fait nuit, alors que ce stupide soleil luit quand il fait jour.

23 LE TROC. le Lun 17 Sep - 3:19

Maïssam

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Une fois, Nasr Eddin entre dans une boutique de vêtements pour s'acheter un chalvar neuf. Après en avoir essayé plusieurs, il fixe son choix sur l'un d'eux, splendide, bleu et noir. Mais au moment de payer, il se ravise et déclare au marchand :
- Finalement, j'ai changé d'avis. Je vais plutôt prendre ce djubbé jaune.
Nasr Eddin enfile la robe, qui lui va à merveille. Il se dirige alors vers la sortie.
- Hé ! Gredin ! Où vas-tu comme ça ? lui crie le marchand. Quelle sorte d'homme es-tu, toi qui prends la marchandise et t'en vas sans la payer ?
- Et toi, quelle sorte d'homme es-tu pour m'accuser sans raison ? Est-ce que je ne viens pas de te rendre le chalvar, qui coûte exactement le même prix ?
- Mais le chalvar, tu ne l'as pas payé non plus, que je sache !
- Oh ! Fils de chien ! Tu veux me faire payer une marchandise que je n'achète pas ? Eh bien, je m'en vais de ce pas porter plainte auprès du cadi !

24 L'EVENEMENT. le Lun 17 Sep - 3:17

Maïssam

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A l'heure où tout le monde fait la sieste, Nasr Eddin se tient assis, tout seul, au beau milieu de la place écrasée de soleil.
Du pas de sa porte, un homme le hèle :
- Hé ! Nasr Eddin ! Que fais-tu par cette chaleur ? Ne prends-tu donc jamais de repos ?
Le Hodja ne répond pas et l'homme, agacé, reprend :
- Par Allah ! Rentre chez toi, il n'y a rien à voir en ce moment.
- En ce moment, non, lui crie Nasr Eddin, mais s'il se passe quelque chose, je veux être le premier.

25 L'IDIOT. le Lun 17 Sep - 3:16

Maïssam

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En même temps que d'autres paysans, Nasr Eddin apporte du blé à moudre chez le meunier. Tandis que les autres sont en train de discuter, il prend en cachette du grain à poignées dans leur blé à eux afin d'en augmenter le sien. Mais il est surpris la main dans le sac par un des paysans, qui le lui reproche durement :
- Voyons, Nasr Eddin, n'as-tu pas honte ?
- De quoi ?
- Mais enfin, tu mets dans ton sac du blé qui n'est pas à toi !
- Tu crois ? C'est bien possible. Je ne sais pas très bien ce que je fais, je suis un peu idiot, paraît-il.
- Si tu étais idiot, rien ne t'empêcherait de faire le contraire...
- Écoute bien, et que ta deuxième oreille ne laisse pas sortir ce que la première va entendre : je suis idiot, soit, mais pas au point de ne pas reconnaître mon sac à moi.

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