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L'histoire de la Radio.

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1 L'histoire de la Radio. le Lun 12 Avr - 23:56

Squelette

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Le 15 juin 1920, la célèbre chanteuse Melba participe, devant le microphone de la station Marconi à Chelmsford en Angleterre, au premier concert diffusé sur les ondes radio-électriques. Sa voix d'or est entendue par quelque centaines d'amateurs de l'époque, se servant des récepteurs rudimentaires bricolés de bric et de brac. Certains de ces amateurs se trouvent à 3000 kilomètres de l'émetteur.

Au sujet de cette chanteuse, on dit qu'elle avait l'habitude de demander à des membres de sa suite de lui faire griller du pain avant les représentations qu'elle donnait. Elle croyait que du pain grillé lui aidait à éclaircir sa voix. C'est cette habitude qui a donné naissance aux toast melba que l'on grignote aujourd'hui.

Le 2 novembre de la même année, l'émetteur KDKA situé à Pittsburg, installé dans le garage de la compagnie Westinghouse, annonce la victoire de W.G. Harding aux élections présidentielles des Etats-Unis. Cette date marque le début des émissions régulières de radio-diffusion. Un an plus tard, la France est, à son tour, dotée d'un émetteur de téléphonie sans fil, celui de la tour Eiffel, qui diffuse régulièrement de la musique et des informations.

Vingt ans plus tard, au 1er janvier 1943, les statistiques dénombrent plus de 3110 émetteurs de par le monde, dont les programmes sont suivis par plus de 425 millions d'auditeurs, possesseurs de 130 millions de récepteurs. Evidemment, ces chiffres sont maintenant dépassés, et de loin.

Y a-t-il une autre invention technique qui peut se vanter d'avoir été ainsi adoptée d'emblée sur une aussi vaste échelle? Nulle autre invention n'a en effet connu un essor aussi rapide, ni un nombre d'applications aussi prodigieux dans sa variété. Nulle autre invention n'a, non plus, exercé une pareille influence artistique aussi bien que politique sur une aussi vaste couche de la population du globe.

COMMENT EST NÉE LA RADIO

Pour parvenir à son état actuel et donner naissance à toute une gamme d'applications merveilleuses, la radio a du parcourir un long chemin, faire appel au génie créateur de savants et de techniciens de nombreux pays, et bénéficier des progrès accomplis dans d'autres domaines des connaissances humaines, avant de payer sa dette de reconnaissance en les faisant, à son tour, profiter de ses propres services.

Fruit de la collaboration pacifique de plusieurs nations, la radio n'a pas d'inventeur en titre. L'idée des liaisons sans fil n'est pas jailli d'un cerveau unique. Pierre par pierre, l'édifice s'est élevé, grâce à l'apport d'une équipe d'hommes de bonne volonté dont certains noms émergent et que la postérité conservera avec gratitude.

Dans la cette grande histoire de la radio à travers le monde, on a beaucoup entendu parler de Lee De Forest, fils d'un ministre protestant flamboyant. Il a détenu les brevets de plus de 200 inventions, mais ses ennemis ont toujours soutenu qu'il s'était approprie la majeure partie de ses découvertes à partir du travail des autres.

On a aussi beaucoup parlé de Edwin Howard Armstrong, un génie un peu sauvage qui avait la passion des automobiles rapides et des grandes hauteurs. Il a découvert la manière de lancer des signaux clairs autour du monde, mais dut passer une partie de sa vie à défendre ses découvertes contre les fausses prétentions de ses contemporains.

Et au centre de ces deux géants, un pauvre immigrant russe du nom de David Sarnoff, qui débuta comme simple livreur de télégrammes et parvint à se hisser au sommet de la plus grosse et plus puissante corporation de communication au monde la RCA Corporation of America.

Mais parmi ces géants de l'histoire de la radio, qui a entendu parler d'un canadien du nom de Réginald Fessenden.

Quand le professeur de physique Fessenden remarqua le premier, en 1858, que les décharges des condensateurs qu'on appelait des bouteilles de Leyde étaient oscillantes, il venait de découvrir la source d'où devaient jaillir ces deux merveilles des temps modernes: la radiotélégraphie et la radio téléphonie. Il était loin cependant de prévoir tout le parti que la science devait tirer de ce fait.

Je reparlerai plus loin de Réginald Fessenden.

Les ondes radio-électriques existaient bien avant la naissance de la radio. A vrai dire, depuis la création du monde. Mais vide de sens, elles ne sont devenue porteuses de messages que depuis l'époque où l'homme a appris à les créer et à les lancer à sa guise, aux quatre coins de l'univers.

Auparavant, engendrées par des orages, elles se propageaient en perdant peu à peu leur énergie, sans que leur présence fût soupçonnée par les êtres peuplant la terre.

Ce n'est qu'à l'orée du siècle dernier que le génial physicien anglais Faraday put démontrer la parenté des phénomènes lumineux et des phénomènes électromagnétiques. Tirant des conclusions logiques des travaux et des vues de son maître, et faisant appel à des théories mathématiques puissantes, James Clark Maxwell émet, en 1864, l'hypothèse des ondes électromagnétiques. Ces ondes doivent exister, selon lui, mais il ne peut en démontrer la réalité expérimentalement.

Cette hypothèse devra attendre 23 ans avant qu'une vérification expérimentale vienne en prouver le bien-fondé. C'est au physicien allemand Heinrich Rudolph Hertz, ingénieur électricien allemand né à Hambourg en 1857, et qui avait effectué des expériences sur les ondulations électriques, qu'échoit l'honneur, en 1888, de produire et de déceler les ondes électromagnétiques. Son émetteur était une simple bobine de Ruhmkorff, telle qu'on la trouve dans toutes les classes de physique, qui fait éclater des étincelles génératrices d'ondes. Son récepteur est une boucle de fil métallique (le résonateur de Hertz) où le passage des ondes est décelé par de minuscules étincelles jaillissant entre les extrémités rapprochées.

On doit aussi à Hertz la découverte concernant l'action exercée par la lumière ultra-violette sur les décharges électriques.

C'est avec un tel appareillage rudimentaire que, pour la première fois dans l'histoire, Hertz réussit des liaisons radio-électriques à des distances atteignant une vingtaine de mètres et à travers plusieurs murs. Mais, est-ce la TSF? Non, pas encore! Le savant, accaparé par ses découvertes, étudie le comportement de ses nouvelles ondes et démontre qu'elles sont capables d'être réfléchies, diffractées ou réfractées de la même manière que les ondes lumineuses. Mais en aucun instant, l'idée ne lui est venue que ces ondes seraient un jour capable de porter de la musique ou de la parole.

C'est au milieu de ces travaux mémorables, qui promettaient tant pour l'avenir, que la mort emporta le jeune savant: il n'avait que 36 ans.

Le 24 novembre 1890, un certain M. Branly, né à Amiens en 1846, physicien et chimiste français et professeur à l'Institut de Paris, présente à l'Académie des Sciences un moyen beaucoup plus sensible que le résonateur de Hertz pour détecter la présence des ondes hertziennes. Branly avait remarqué que les limailles métalliques contenues dans un tube de verre devenaient conductrices sous l'action des ondes Hertziennes. Du coup, le radio-conducteur était découvert. Le radio-conducteur, qui fut appelé plus tard, cohéreur avait la propriété de diminuer de résistance au courant électrique en présence des ondes électro-magnétiques. Ce fut le premier appareil de détection des ondes électromagnétiques et leur utilisation des ondes comme moyen de communication devenait possible.



La découverte de Branly vint apporter la dernière pierre qui manquait aux fondations de l'édifice. Désormais, tous les éléments sont présents, qui, à un esprit ingénieux, offrent le moyen d'établir des liaisons télégraphiques sans fil.

Mais qui sera celui ou ceux qui communiqueront l'étincelle de Hertz aux poudres de Branly pour en faire jaillir cette explosion des inventions nouvelles, et qui donneront naissance à ce que nous connaissons aujourd'hui?

Deux hommes peuvent, à juste titre, revendiquer l'honneur d'avoir établi les premières liaisons par ondes hertziennes. Un Russe du nom d'Alexandre Popov et un Italien du nom de Guglielmo Marconi.

Dès 1894, à l'Ecole des mines de Cronstadt où il enseigne, Popov parvient à recevoir des signaux à une distance de 12 mètres, à l'aide d'un cohéreur de Branly. L'ajout d'un grand conducteur permet d'augmenter la portée. L'antenne venait de naître. En mars 1896, Popov réussit à enregistrer des signaux morse venant d'un émetteur placé à 250 mètres.

C'est cette application des ondes que réalisa, en cette même année 1896, près de Bologne, un ingénieur italien du nom de Gluglielmo Marconi, qui parvient à des résultats identiques, sans avoir apparemment eu connaissance des travaux de Popov. Marconi était né à Marzabotte, près de Bologne, le 23 septembre 1875. Il fit ses études à Bologne et à Padoue. Dès 1890, il entreprenait de démontrer que les ondes électromagnétiques passent à travers toute substance, et qu'une fois lancé dans une direction donnée elles suivent leur chemin sans le secours de conducteurs d'aucune sorte. Marconi fut le premier à se servir d'une antenne au poste transmetteur.

A partir de ce moment, les records de distance se succédèrent à une cadence de plus en plus rapide. Le 28 mars 1899, une liaison France-Angleterre fut établie au dessus de la Manche, et le 12 décembre 1901, l'Atlantique est, à son tour, vaincu.

Marconi comprit très vite tout le parti qu'il pourrait tirer du radio-conducteur de Branly. Le perfectionnement de cet appareil allait émerveiller l'univers entier et immortaliser le nom du jeune ingénieur.

Cependant, Marconi, se servant toujours du radio-conducteur Branly, parvenait à transmettre des dépêches d'Antibes (France) à Calvi en Corse. En 1902, il substitua au radio-conducteur un détecteur magnétique spécial. Ce détecteur avait été expliqué par un certain capitaine Ferrié, en 1900, qui avait énoncé la théorie du détecteur électrolytique. En 1907, M. Pickard, ingénieur américain, découvrait la propriété qu'ont certains cristaux de sulfures de déceler les ondes. Le bon vieux cristal de galène des radios à cristal.

Puis, à coté des émetteurs à étincelles de plus en plus puissants, on vit apparaître des alternateurs à haute fréquence, dus à Alexanderson et à Berthenod, puis les émetteurs à arc de Paulsen. Dans les récepteurs, le peu pratique cohéreur de Branly cède sa place au détecteur électrolytique de Ferrié, cité plus haut, puis au détecteur à galène dont l'usage s'est maintenu très longtemps.

Revenons à Marconi. Ces résultats concluants encouragèrent notre ingénieur et le lancèrent dans une entreprise hardie pour l'époque mais qui fut tout de même couronnée de succès. En décembre 1901, Marconi put recevoir de Signal Hill, à Terre-Neuve, des signaux envoyés de Poldhu, en Angleterre: les ondes hertziennes étaient désormais maîtrisées pour le plus grand bien de l'humanité.

Grâce aux subsides fournis par la puissante compagnie qui porte son nom, Marconi marcha de succès en succès; et les postes de Glace Bay au Canada, et de Clifden en Irlande, furent ouverts au service publics.

Encouragés par les brillants résultats des travaux de l'ingénieur Italien, une foule de savants distingués se mirent à l'oeuvre. Aux Etats-Unis, les systèmes suivants furent en faveur: Marconi, De Forest, Fessenden. En Angleterre, outre le système Marconi, on trouvait le Lodge-Muirhead et le Orling-Armstrong. En Allemagne, ce furent les systèmes Slaby-Arco et le Braun-Siemens-Kalske. En France, le Branly, le Rochefort, le Tissot et le Ferrié. Tous ces différents systèmes de détection fonctionnaient à partir des découvertes de Branly, à quelques variantes près.

Mais la véritable révolution technique se préparait sans bruit. En 1904, l'Anglais Ambrose Fleming invente la première lampe de radio, la diode. Tube à deux électrodes, elle peut servir de détecteur au même titre que le cristal de galène.

L'utilité de cette lampe diode demeura incontestable jusqu'au jour où, en décembre 1906, l'Américain L' de Forest eut l'idée d'interposer une grille métallique entre le filament et l'anode. Placée sur le parcours des électrons, cette grille joue le rôle de robinet. La moindre variation de son potentiel électrique agit fortement sur la densité du flux électronique qui la traverse. La triode était née.

Ame de tout appareil électronique moderne, la lampe est introduite dès 1915 dans la pratique. La première guerre mondiale stimule alors l'activité des chercheurs, et les inventions se succèdent. Quand vient enfin l'heure de l'armistice, tous les éléments de la radio moderne sont en place.

Peu de chose restent à faire pour remplacer le code morse par la modulation. On verra cela un plus loin.

Bien d'autre améliorations furent apportées par la suite mais il n'entre pas dans le cadre de cet historique de mentionner en détail tous les perfectionnements apportés aux divers appareils de TSF durant cette période.

Ainsi, l'éclateur de Hertz fut remplacé par l'éclateur rotatif de Marconi, puis par le système à arc donnant des ondes entretenues, et le cohéreur de Branly à son tour remplacé par la lampe audion de De Forest, et d'autres appareil plus perfectionnés encore.

Je vais donner ici une liste des principaux détecteurs d'ondes suivant l'ordre de leur apparition:

Le radio-conducteur ou cohéreur de Branly en 1890.

Le détecteur à trépied; le responder de De Forest, qu'on appelait aussi anti-cohéreur;

Le détecteur électrolytique du capitaine Ferrié en 1900;

Le détecteur magnétique de Marconi en 1902;

Les différents détecteurs à cristaux (sulfures) connus depuis les travaux de l'ingénieur américain Pickard en 1907;

et enfin, les détecteurs audion de De Forest par la suite. Ce fut aussi les tout débuts des lampes à vide.



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On croyait aussi, à cette époque, que le Canada était un pays choyé en ce qui concernait la propagation des ondes électromagnétiques, parce que 8 mois sur 12, l'électricité atmosphérique était à son plus bas. Du moins, c'est ce qu'on croyait. On savait cependant que les aurores boréales rendaient quelquefois les communications un peu plus difficiles, mais que c'était négligeable en regard des orages électriques des pays plus chauds.

Beaucoup de phénomènes restaient à être découverts, comme on peut s'en douter.

Deux stations radiotélégraphiques avaient été érigées dans le golfe Saint-Laurent avant que le gouvernement canadien entrât en pourparlers avec la compagnie Marconi: Celles de Signal Hill dans le havre de Saint-Jean, Terre-Neuve, et celle de Table Head à l'est de Galce Bay.

D'abord, Marconi, vers 1900, dans le but d'expérimenter sur les communications transatlantiques, était venu s'établir à Signal Hill. La compagnie Anglo-American Cable, qui possédait le monopole des communications télégraphiques entre Terre-Neuve et l'Angleterre, ne prêta d'abord guère attention à l'entreprise hasardeuse de l'ingénieur italien; car, selon elle, la dite entreprise n'était qu'un immense bluff de la compagnie Marconi.

Mais il en fut autrement lorsque l'on constata que des signaux avaient franchi l'Atlantique. En effet, le 12 décembre 1901, la lettre S en code morse, avait été reçue à Signal-Hill à Terre-Neuve émise de Poldhu en Angleterre. La compagnie Anglo-American en prit ombrage et sentit que l'avenir de ses câbles était menacé. Marconi reçut donc, un beau matin, l'ordre formel d'avoir à déguerpir dans le plus bref délai. Hélas, le succès ne se fait pas plus pardonner en radio qu'en toute autre science. C'est alors que Marconi jettera les yeux sur Table Head, pour y ériger une nouvelle station. Le 21 décembre 1902, le premier message officiel traversa l'Atlantique sans encombre.

Ce succès eut un immense retentissement et attira l'attention du gouvernement canadien. On peut affirmer que le Canada a été l'un des premiers pays à posséder un réseau de postes radio-télégraphiques.

La première mention de radio-télégraphie dans les rapports officiels du gouvernement canadien remonte à 1904. L'initiative de faire bénéficier le Canada de cette invention revient à l'honorable Raymond Préfontaine, alors ministre de la marine et des pêcheries. Préfontaine fut aussi maire de Montréal.

Dans un document officiel du 12 décembre 1904, le commandant en service, un dénommé O.G.V. Spain, fait état de 6 stations en fonction sur le Saint Laurent et dans le golfe. Ce sont: Fame Point, au Québec, Heath Point à Anticosti, Point Amour au Labrador, Belle-Isle au Québec, Cape Bay à Terre-Neuve et Cape Race aussi à Terre-Neuve.

La raison de l'établissement de ces postes est facile à comprendre. Par le moyen de la station de Château-Baie on pouvait signaler à Québec et à Montréal des navires se trouvant encore à plus de 100 milles au large du détroit de Belle-Isle. Les services rendues par les stations de Marconi en 1904 portèrent le ministère de la marine à compléter le réseau de postes radio-télégraphiques ébauché l'année précédente.

En 1905, 7 nouveaux postes furent munis d'appareils Marconi. Les représentants des grandes compagnies, ainsi que les marins, ont su reconnaître les services rendus par ces postes, et n'ont pas ménagé leurs compliments au gouvernement canadien. Ces améliorations de la route maritime du Saint-Laurent n'ont pas peu contribué à la rendre populaire aux compagnies transatlantiques.

Comme conséquence directe, le ministère de la Marine a constaté une augmentation de trafic commercial et une plus grande fréquentation de la voie du Saint-Laurent.

En 1907, monsieur L' De Forest obtint du gouvernement canadien une licence d'un an lui permettant d'établir une station de radio-télégraphie expérimentale dans l'Ile Grindstone. Cette compagnie de TSF possédait en 1905, en Amérique, 56 stations terrestres dont 5 au Canada. A Toronto, Hamilton, Ottawa, Montréal et Québec. Le poste d'Ottawa était établi à l'Hotel Russell et celui de Montréal au journal La Presse. La station de Québec était construite près de l'armurerie Ross. En 1908, De Forest dut la transporter à Ste Foy, la station de Marconi de la citadelle lui rendant la vie intenable à cause de la promiscuité des postes.

Comme on peut le constater, l'interférence aussi a commencé en même temps que la radio.

L'année 1908 sera remarquable en ce qui concerne la construction de nouvelles stations, mais elle fera toutefois époque dans les annales de la radio-télégraphie. Le poste que possède Marconi à Camperdown près d'Halifax, sera muni d'un appareil destiné à transmettre aux navires en mer l'heure reçue par fil; innovation d'une utilité incontestable puisque désormais, on peut régler son chronomètre à plus de 250 milles au large.

L'idée de transmettre l'heure au moyen des ondes hertziennes revient à la France. En 1903, un monsieur Augustin Normand proposait l'installation d'émetteurs dans tous les postes importants. Un astronome de l'observatoire de Paris (Monsieur Bigourdan), exécuta à ce sujet quelques expériences à l'aide d'appareils construits par Ducrétet et Roger. Une station d'essai fut même établie au parc Monsouris: elle recevait les battements du pendule à seconde de l'observatoire. Cependant, la station de la tour Eiffel ne lança à la moitié de l'univers les battements du pendule de l'observatoire de Paris que le 23 mai 1910.

Au Canada devait revenir l'honneur d'appliquer le premier, en 1908, l'idée émise par la France en 1903, d'émettre des signaux horaires.

Les américains débutèrent leurs émissions en 1912 quand l'observatoire de Washington, au moyen de la grande station radio-télégraphique navale d'Arlington sema ses signaux horaires à la volée, sur l'Atlantique et sur le continent américain.



Une autre utilité des postes radio-télégraphiques fut de transmettre les bulletins météorologiques des observatoires.

Des amateurs sans filistes du Canada ont pu, dès 1912, entendre le poste d'Arlington émettre ses signaux horaires de 10 heures le soir, ainsi que les bulletins météo venant de divers postes d'observation de l'Atlantique et des Grands-Lacs. On peut se figurer l'importance de pareilles informations lancées plusieurs fois par jour et atteignant presque tous les navires qui se trouvaient sur l'Atlantique. Ces informations étaient suivies de renseignements précieux sur le mouvement des icebergs ou des épaves qui pouvaient devenir un danger pour la navigation.

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Mais il devenait de plus en plus urgent d'établir une forme de réglementation de ce nouveau mode de communication qui prenait une importance de plus en plus grande.

Une convention internationale radiotélégraphique, dont l'objet était d'établir la réglementation des relations radio entre les nations, se tint à Berlin en août 1903.

Cette rencontre n'eut pas l'effet qu'on en attendait. Un protocole avait été signé par les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, la France et la Russie. La Grande Bretagne et l'Italie furent incapable de signer cette entente, on ne sait pas pour quelle raison. La tendance qui se dégagea alors de cette convention fut d'éviter une certaine monopolisation du commerce de la télégraphie sans fil par toute compagnie.

Et cette rencontre se termina par la signature d'un protocole. Trois ans plus tard, en 1906, il devint évident qu'une entente radio télégraphique internationale s'imposait. Aussi, une autre conférence réunissant les délégués de toutes les puissances intéressées, s'ouvrit à Berlin. C'est à cette conférence que fut accepté le principe de l'intercommunication. Ce fut aussi la première conférence internationale sur la radio proprement dite.

La seconde de ces conférences devait se tenir à Londre, en 1911, mais les fêtes du couronnement de sa Majesté Georges V la firent ajourner au 4 juin 1912.

Un représentant du Canada avait été délégué à cette conférence et autorisé à signer une convention au nom du Canada. C'était la première fois qu'un représentant du Canada apposait sa signature au bas d'un document diplomatique sans l'intervention de la Grande Bretagne, c'est à dire indépendamment de la délégation britannique.

Les clauses les plus importantes arrêtées à cette convention sont résumées ci-dessous:

1- Echange obligatoire de radio télégrammes entre les stations de bord et les stations côtières sans distinction du système employé.
2- Les navires munis d'appareils télégraphiques sont tenus de posséder un permis délivré par l'Etat dont ils relèvent, et la classe du navire doit être indiquée sur le permis, lequel devra indiquer le nombre de télégraphistes.

3- Les longueurs d'ondes des stations côtières ont été fixées à 300 et 600 mètres, et chaque station doit signifier quelle est sa longueur d'onde normale. La longueur d'onde des station de bord est fixée à 600 mètres à moins que la chose ne soit physiquement impossible. La longueur d'onde de 160 mètre a été réservée pour les radio-phares, et les longueurs d'onde allant de 600 à 1600 mètres ont été réservées aux fins navales et militaires.

4- Des règlements sont adoptés pour les émissions à longue distance.

5- Deux classes de télégraphistes sont établies.

6- Le contrôle des stations sur les navires est définitivement reconnu comme appartenant au capitaine.

7- Des règlements sont établis s'appliquant à la réception et à l'envoi des messages météorologiques et horaires.

8- Le gouvernement est spécialement autorisé à fixer la taxe totale pour les messages partout au pays via chacune de ses stations côtières. Le navire reçoit les deux cinquième et la station côtière les trois cinquième, indépendamment de la taxe de bord.

Le 29 avril 1913, une loi est adoptée et pourvoit aux fins suivantes:

L'installation obligatoire d'appareils de radio télégraphiques sur les navires transportant des passagers.

L'envoi et la remise de télégrammes par les lignes aériennes et les câblés canadiens

L'emploi exclusif de sujets britanniques comme télégraphistes.

Plus une foule d'autres obligations qu'il serait trop long d'énumérer ici.



Au printemps de 1912, un bien triste événements vint jeter l'univers dans la consternation. Un poste appartenant au gouvernement canadien, celui de Cape Race, à Terre-Neuve, fut la première station de terre à apprendre l'épouvantable catastrophe du Titanic.

Mentionnons aussi les accidents maritimes qui survinrent à l'Empress of Britain, au Corsican, au Royal George et à l'Uranium. Toujours la radio télégraphie a joué un grand rôle en facilitant l'arrivée de prompts secours et le débarquement des passagers.

Lors du naufrage du navire Carpathia, qui avait coûté la vie à plus de 705 personnes, un jeune télégraphiste de New-York avait passé 72 heures d'affilées à son poste, pour assurer le contact entre la ville de New-York et le bateau sauveteur.

Ce jeune télégraphiste se nommait David Sarnoff et devait plus tard devenir le président de RCA.

Le 29 mai 1914 est aussi une triste date dans les annales maritimes. L'Empress of Ireland, de la compagnie du Pacifique, quittait Québec dans l'après midi du 28 mai, à destination de Liverpool, ayant à son bord plus de mille passagers. Le voyage devait être court, car dans la nuit qui suivit son départ, l'Empress au milieu du brouillard, venait en collision avec le Storstad, au large de Cock Point, et coulait avant que les vaisseaux qui avaient entendu le lugubre SOS fussent sur les lieux du sinistre. On évalue à 1042 le nombre de ceux qui perdirent la vie dans ce terrible drame de la mer.

Après la catastrophe du Titanic, c'est le plus épouvantable sinistre maritime dont l'histoire fasse mention. Le malheur voulut que les appels répétés de la station Marconi de l'Empress restent sans effets immédiats, aucun navire ne se trouvant dans les parages pour lui porter secours.

Le 1er février 1998, l'Organisation maritime internationale a remplacé officiellement le code morse, inventé par l'américain Samuel Morse en 1838, par le système de satellites GMDSS, pour Global Maritime Distress and Safety System. Ce système peut repérer un navire avec une précision de 200 mètres.

Désormais, les signaux de détresse sont envoyés vers un satellite IMMARSAT qui relaie l'alerte au sol. Ces stations au sol sont situées à Raisting (Allemagne), Goonhilly Downs (Angleterre, Perth (Australie) et Niles Canyon (Californie).

Le SOS avait été adopté lors d'une conférence internationale trois mois après le drame du Titanic le 15 avril 1912. Il avait été adopté parce qu'il était facile à mémoriser (trois points, trois traits, trois points) et non pas parce que ces initiales pouvaient signifier "Save Our Souls". (Sauvez nos âmes).







ORGUE SANS FIL DE GEORGES DESILETS

Georges Désilets, qui était prêtre à Nicolet, avait inventé un orgue sans fil avec lequel il donnait de courts concerts sur les ondes. Cet orgue opérait sur le principe de l'émetteur à étincelle rotatif. (rotary spark gap).

Les émetteurs à étincelles rotatifs opéraient sur des longueurs d'ondes très basses, et leur fréquence était déterminée par la vitesse de rotation de la roue sur laquelle était installés les commutateurs, le nombre de ces commutateurs déterminant le nombre d'étincelles par secondes et par le fait même la fréquence.

Dans sa forme la plus simple, l'orgue sans fil de l'abbé Désilets était composé de huit roues à étincelles installées sur un même axe toutes entraînées en même temps par un moteur, et émettant chacune une des notes de la gamme.

Le courant était dirigé sur l'une ou l'autre des roues à l'aide d'une sorte de clavier. La description complète de cet orgue peu ordinaire a été faite dans le brevet que l'abbé Désilets a obtenu, et qui portait le numéro 1,166, 5-2.

A partir de cette invention de l'abbé Désilets, les bateaux et océaniques navigants sur les rivières et les océans avaient commencé à recevoir des émissions musicales quand survint la guerre de 1914. Il a été raconté que les autorités militaires et navales firent cesser ce genre d'émission pour garder un contrôle total sur les ondes durant la période de guerre.

Ils croyaient, peut-être pas à tort, que des secrets militaires pourraient être transmis à l'aide de cet instrument par la combinaison des notes ou d'airs de musique populaire qui auraient pu convoyer des messages importants pour l'ennemi.



Ils n'avaient pas tout à fait tort car durant la guerre de 1939-45, les Anglais se servirent du début de la cinquième symphonie de Beethoven pour annoncer à leurs espions que l'émission en cours contenait des messages chiffrés. Cette partie de la 5e symphonie fait aussi penser à la lettre V en code morse. Di-Di-Di-Dah.

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Mais jusqu'ici, comme on peut voir, on a parlé que de télégraphie exclusivement. C'est ici qu'entre en action notre inventeur canadien dont j'ai parlé au début de ce texte.

La radio-téléphonie est née grâce à l'invention d'un chercheur canadien du nom de Réginald Fessenden.

Né à East Bolton le 6 octobre 1866. Son père était un ministre protestant venu d'Ontario.

Réginald Fessenden avait fait ses études à l'Université Bishop de Lennoxville où il avait enseigné le latin et le grec mais c'est à titre de professeur de physique (qu'on appelait alors electrical engineering), à l'Université Western de Pensylvanie, qu'il avait commencé à s'intéresser à la radio. Il est l'inventeur de la radio téléphonie, par la mise au point du transformateur de modulation.

Des essais d'émissions de radio téléphonie eurent lieu en novembre 1906, à partir de Brantrock, près de Boston. Cette émission était destinée à Macrihanish en Ecosse. Ces tests d'émission étaient sous la direction de Fessenden lui-même, à partir de ses propres inventions. C'était la toute première fois que la voix humaine était transmise à travers l'Atlantique, et c'est la voix d'un certain monsieur Adam Stein, qui fut reçue en Ecosse.

Suite au succès de cette émission, un autre essai fut cédulé pour le mois suivant, à partir de Brant Rock, la veille de Noël 1906. Cette émission était tout particulièrement destinée à un bateau de la United Fruit qui naviguait dans les Caraibes, et qui avait été spécialement équipé d'un récepteur approprié, pouvant recevoir les émissions en modulation.

A cette occasion, des airs de violon avaient été joués et le cantique Silent Night avait été chanté sur les ondes.



Réginald Fessenden a aussi inventé le Sonar durant la première guerre mondiale en 1914-1918, mais cette invention a été gardée secrète durant un certain temps, on ne sait pas trop bien pourquoi.

Fessenden est décédé en 1935. Il a été qualifié d'un des plus grands inventeurs de son époque.

L'invention de Fessenden à conduit, quelques années plus tard, à la mise au point d'émetteurs de radio commerciaux.

C'est en 1922 que la station de radio CKAC vit le jour. C'était la première station de langue française au monde. Les antennes de cette station étaient installées sur l'édifice du journal La Presse qui en était propriétaire.

Un contrat avait été signé le 2 mai 1922 avec la compagnie Marconi dont le gérant, à cette époque, avait un nom prédestiné: il s'appelait A.H. Morse. On ne sait s'il était apparenté à Samuel, l'inventeur du code morse qui a découragé de si nombreux aspirants amateurs par les années passées.

CKAC est entré en onde le 27 septembre 1922 et partageait son antenne avec CFCF qui avait été fondé trois ans plus tôt. Les rares propriétaires de postes à galène de Montréal et de la région pouvaient maintenant capter des émissions en langue française. Les programmes cependant, devaient être présentés dans les deux langues pendant une dizaine d'années.

Il est intéressant de noter que ce sont des journaux qui avaient établi les premiers postes. Après CKAC, il y eut CHLP du journal La Patrie, en 1932; CHLT du quotidien La Tribune de Sherbrooke, en 1937; CJBR du journal Le Progrès du Golfe de Rimouski, en 1937 également; CKCH de Hull, par le journal Le Droit, en 1939. En 1929, CKAC avait installé son émetteur à St Hyacinthe.

La première station de radio au monde a été KDKA à Pittsburg aux Etats-Unis, qui a débuté ses émissions le 2 novembre 1920.

Pour terminer cet exposé historique, notons qu'il est difficile de déterminer à quel moment la radio-amateur s'est dégagée ou détachée de la radio commerciale, mais on pense que ce pourrait être Joan L. Reinartz, un Allemand, qui avait commencé à s'intéresser à la radio alors qu'il était encore étudiant. Son histoire est racontée dans la suite de ce récit.

Quoi qu'il en soit, des 1920, des techniciens tels Jean Fortier, VE2AV, Arthur Kemp, VE2EK, Marcel Henri, VE2DZ, et Gaston Hébert, VE2AI et certainement bien d'autres, s'intéressaient déjà à cette science et pouvaient communiquer entre eux à l'aide d'instruments qu'ils avaient eux-même fabriqués. En télégraphie évidemment.

On sait que le tout premier club de radio-amateurs en Amérique du nord a été fondé aux Trois-Rivières par Arthur Kemp, VE2EK le 15 octobre 1923, dans sa demeure du 20 rue Laviolette. Cette toute première association de radio-amateurs se nommait "L'Association radio-amateur de la Vallée du Saint-Maurice". Un des fondateurs de ce club, notre bon ami l'abbé Charles Robert, VE2EC, est toujours parmi nous, à Pointe du Lac. Il est probablement l'un des plus vieux amateurs au Québec.

Le deuxième club de radio-amateurs au Québec fut fondé peu après à Montréal. Il portait le nom de: "Le Club des Amateurs Canadien-français de TSF et Vidéo". Ce club est l'ancêtre de l'Union Métropolitaine des Sans-filistes de Montréal". Il cessa ses opérations au début des années 1950, faute de soutien, de local, et surtout à cause de l'arrivée de la télévision.

LA TELEPHONIE

On ne peut parler de l'histoire de la radio sans aborder un tant soit peu l'histoire du téléphone, qui précéda de quelques années l'invention de la radio.

Alexander Graham Bell déposa une demande de brevet pour l'invention de ce qui devait plus tard devenir le téléphone, le 14 février 1876. Les québécois ne tardèrent pas à s'approprier cette nouvelle invention et dès 1877, la Montreal Telegraph effectuait des essais fructueux sur sa ligne Montréal-Québec.



Mais c'est au niveau local que les premières entreprises virent le jour. A Montréal, en 1878, un jeune électricien nommé Jannard réunit quatre de ses amis pour créer le premier réseau téléphonique privé de la métropole. La centrale était située au magasin H.P. Labelle et Cie, coin Berri et René-Lévesque; les quatre autres abonnés habitaient les rues Sanguinet, Saint-Hubert, Saint-Denis (un médecin) et Sainte-Catherine.

A cette époque, il va sans dire, les poteaux de téléphone étaient rares mais les cheminées abondaient: on y fixa donc les fils en les isolant avec des petits tubes de caoutchouc. Les fils de retour, eux, communiquaient avec les tuyaux de l'aqueduc. Selon l'édition du 27 janvier 1912 du quotidien La Presse, on avait même imaginé de rapprocher le téléphone d'un piano et tous les abonnés pouvaient écouter à domicile le morceau de musique à la mode en ce temps là.

Du côté de Québec, Cyrille Duquet, qui avait fait breveter son propre téléphone (un combiné) le 1er février 1878, se vit autorisé par le comité des chemins de la ville de Québec à planter ses poteaux sur la Grande-Allée en direction de Sillery. Les travaux commencèrent en mai 1879, mais la Canadian Telephone lui déclara la guerre et gagna le procès en 1882. Pendant ce temps, une multitude de petites compagnies de téléphone s'étaient installées, si nombreuses que le gouvernement fédéral essaya, en 1905, de mettre un peu d'ordre dans ce fouillis mais il échoua.

Ce furent finalement les gouvernements provinciaux qui tranchèrent la question: au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan, on étatisa les entreprises; au Québec, on opta plutôt pour des monopoles privés soumis au contrôle gouvernemental.

Jusqu'en 1932, les communications téléphoniques entre le Québec et les autres provinces passaient par les Etats-Unis: le premier appel interurbain Montréal-Vancouver, logé de l'hôtel Ritz-Carlton le 14 février 1916, était relayé par Buffalo, Chicago, Omaha, Salt-Lake City et Portland. A midi pile, le 25 janvier 1932, le Gouverneur général inaugurait un réseau totalement canadien en s'entretenant avec chacun des Lieutenants-gouverneurs de l'époque. Cette année là, on enregistra 41,335 appels transcanadiens. En 1956, le premier service transatlantique par câble reliait les continents; les Québécois pouvaient désormais communiquer partout dans le monde entier.

Aujourd'hui, on compte au Québec environ 2,500,000 lignes résidentielles et 750,000 lignes commerciales. Les Québécois font plus de 8 millions d'appels téléphoniques par année, soit une moyenne de 1172 appels par habitant. Pas étonnant qu'une vingtaine d'entreprises téléphoniques fassent affaire au Québec et y emploient plus de 20,000 personnes.

L'arrivée du touch-tone, dans les années 1960 a fait faire un bond de géant à la téléphonie, et celle-ci est soudainement passée des impulsions électromécaniques aux impulsions électroniques.

La mise au point des centraux téléphoniques électroniques a débuté avec la mise en service du premier central téléphonique de ce type par AT & T dans une petite ville du New-Jersey en 1965.

On pouvait dorénavant communiquer avec la machine. Depuis ce temps, la technologie a rendu le téléphone de plus en plus inter-actif. Ce mot, qui n'est apparu dans la langue française qu'en 1982, est l'activité de dialogue entre un individu et une source d'information gérée par une machine. Clé d'entrée dans le réseau. le téléphone à clavier touch-tone est aujourd'hui omniprésent dans un marché qui, au Canada seulement, représente 10,3 millions de lignes.

La numérisation des communications remonte aussi aux années 1960 alors que l'on voulait essentiellement faire communiquer les ordinateurs. La numérisation de la commutation et des grands axes de transport du réseau de téléphonie est presque achevé au Canada. D'ici à 1997, tout le réseau sera numérisé.

Il restera cependant à numériser l'accès au réseau, c'est à dire la paire de fils de cuivre qui va de la maison jusqu'au central téléphonique.

Parce que cette portion du réseau est encore en mode analogique, la vitesse de transmission du signal est limitée. On est en train de pallier à ce problème pour arriver à fournir des services à la maison de télécopie rapide à haute résolution, le transfert de fichiers à haute vitesse entre ordinateurs, les impressions laser à distance, la transmission de conversations en haute fidélité, la téléconférence multi-mode avec partage d'une image fixe ou d'un écran d'ordinateur, les vidéo-conférences, etc.

Le développement d'outils interactifs a contribué à l'émergence de ce phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur: le travail à la maison.

On estime qu'il y a 33 millions de travailleurs qui ont déserté les bureaux pour installer leur bureau à domicile. Au Canada, 19% des foyers abritent une petite entreprise ou sont le lieu d'un travail rémunéré.

C'est un marché ouvert aux innovations technologiques dont les besoins dépassent de beaucoup la capacité d'un réseau téléphonique conçu pour le transport de la voix. Le grand défi des entreprises de téléphonie en Amérique est donc de répondre aux attentes de cette clientèle en forte croissance. La transmission de l'image, la vidéo sur demande par exemple, sera le prochain jalon.

Le touch-tone, il va sans dire, devra alors être relié à un écran. Comme quoi on n'arrête pas le progrès. Et l'histoire suit son cours, de même que les développements presque incroyables de l'électronique.

LA TELEVISION

Il est difficile de parler de radio et de téléphonie sans aborder brièvement l'histoire de la télévision, cette invention qui a complètement bouleversé la vie sociale dans les années 1950, et qui continue de faire ses ravages, même aujourd'hui.

Au début du siècle, tous les éléments nécessaires à la télévision étaient déjà à la disposition des scientifiques. Karl F. Braun avait perfectionné la lampe de Crooks en 1897. Le grand savant anglais J. Thomson avait introduit les plaques de déflexion dans les tubes à rayon cathodique. En 1899, l'Allemand E. Vichert avait démontré qu'on pouvait concentrer un faisceau d'électrons à l'aide d'enroulements concentriques dans l'axe d'un tube à rayon cathodique. Finalement, en 1902, le russe A.A. Petrovski avait suggéré la mise en place de deux enroulements placés à angles droits l'un par rapport à l'autre autour de ce même tube à rayon cathodique pour assurer la déflexion verticale et horizontale. Un balayage à l'aide de miroirs avait aussi été proposé.

Mais il semble que c'est au russe Boris Lvovitch Rosing que l'on doit l'invention de la télévision. Rosing est né le 23 avril 1869 à St-Petersbourg. En 1887, il faisait son entrée au département de physique et mathématiques à l'Université de sa ville natale où il avait comme professeur un certain F.F. Petrouchevski lui-même un étudiant de Lenz. À sa graduation, il avait été invité à demeurer l'assistant à la chaire de physique.

Il fut plus tard engagé à titre de physicien, à l'Institut technologique de St-Petersbourg ce qui lui permit d'avoir accès à un laboratoire très bien équipé pour ses recherches. En 1897, il devint le directeur du département de physique à cet institution où il demeura jusqu'en 1917.

Les travaux de Rosing comprenaient une recherche sur les téléscopes, sur la photographie du son dont les résultats principaux seraient d'être mis à l'usage des non voyants, des recherches sur les projecteurs de films et sur les transformateurs de courant continue.

Au congrès international de l'électrotechnique tenu à Paris en 1900,il avait présenté une causerie intitulés: "La position actuelle des problèmes de la télévision". Il semble que ce fut la première fois où le mot "télévision" fut utilisé.

En 1902, Rosing effectua des expériences sur la transmission d'images avec des tubes à rayon cathodique. En 1907, il mit au point le premier appareil de télévision électronique, utilisant deux barillets de miroirs montés perpendiculairement l'un par rapport à l'autre. La lumière provenant de l'image arrivait sur la barillet horizontal qui tournait à la vitesse de 50 tours à la seconde pour être ensuite dirigée vers le cylindre vertical qui tournait à 12 tours à la seconde, puis de là vers une cellule photoélectrique.

Le courant de cette cellule photoélectrique modulait l'intensité d'un faisceau électronique pour être ensuite projeté sur un écran fluorescent. La déflexion de ce faisceau électronique se faisait à l'aide de plaques de telle manière qu'un plus grand ou un plus petit nombre d'électrons avaient à passer à travers un très petit orifice. Plusieurs perfectionnements furent ajoutés au fil du temps à cette invention. Je me bornerai à dire qu'un brevet fut décerné à Rosing le 25 juillet 1907, 10 ans après ses premières expériences, fut brevetée en Angleterre en 1908, en Allemagne en 1909 et finalement en Russie en 1910.

Il va sans dire que des améliorations substantielles furent apportées à ce prototype qui fut terminé en 1908 dans les laboratoires de l'Institut technologique de St-Petersbourg. Un peu plus tard, Rosing appliqua le concept de la modulation de la brillance du faisceau d'électrons en changeant sa vitesse. Cette idée fut brevetée en 1911.

C'est le 11 mai 1911 que Rosing obtint pour la première fois une image sur son appareil de télévision rudimentaire. Cette image consistait en quatre bandes blanches sur un fond noir. Cette invention valut à Rosing la médaille d'or de la Société technique Russe et plusieurs autres honneurs.

C'est la première guerre mondiale qui forca Rosing à abandonner ses expériences et de consacrer tout son temps à la défense nationale.

Après la Révolution russe, il publia plusieurs articles sur le sujet et en 1922, il célébra le 25e anniversaire de ses travaux dans le domaine de la télévision. En 1924, le laboratoire expérimental d'électronique de Leningrad fut mis à sa disposition et Rosing conçut et améliora son cylindre à tambour par l'ajout de 48 miroirs pour le balayage horizontal et un miroir oscillant contrôlé par une roue d'entraînement excentrique pour le balayage vertical. À l'aide de cet équipement, il obtint une image de 2,400 éléments. La synchronisation fonctionnait à l'aide de bases de temps (time base) résistances/condensateurs, tel que pratiqué aujourd'hui. L'intensité du faisceau d'électrons était modulée en appliquant le voltage vidéo à la cathode du tube cathodique.

Les activités scientifiques de Rosing furent interrompues en 1931 quand lui et plusieurs de ses collègues furent victime du régime de terreur de Staline. Rosing fut déporté durant trois ans dans le nord de la Russie, poursuivant ses travaux au milieu des pires difficultés. Il écrivit néanmoins plusieurs articles scientifiques durant son exil.

À Arkhangelsk, il put utiliser les laboratoires de physique de l'Institut forestier et continuer ainsi ses études dans le domaine de la télévision. C'est à cet endroit que le 20 avril 1933, à l'âge de 64 ans, il fut terrassé par une hémorragie cérébrale.

En 1880, l'Allemand Nipkow avait déjà découvert le moyen de décomposer une image. Dès 1883, l'Américain Fritts avait mis au point un appareil pour transmettre les images. Finalement, en 1902, un autre Allemand du nom de Braun a conçu les antennes pour capter les images et le tube cathodique pour les recomposer. Malgré cela, le monde devra patienter jusqu'en 1936 avant de voir les premières émissions régulières de télévision diffusées aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Dans ces deux derniers pays, le service a même été interrompu pendant la 2e guerre. Aux Etats-Unis, c'est en 1938 que s'est conclue la vente du premier récepteur de télévision; sa définition était de 441 lignes.

Au Québec, la télévision s'est fait désirer: ce n'est qu'en 1952 que Radio-Canada (CBFT) a commencé à diffuser. C'était, si vous vous en rappelez. le temps du "sauvage" ou de l'Indien comme disaient certains. C'est ainsi qu'on appelait la fameuse mire de réglage qui remplissait l'écran plus souvent qu'autrement. Il faut dire qu'à leur début, les émissions d'après-midi de Radio-Canada n'étaient présentées que certains jours seulement. On remettait la mire en onde pour aller souper et les programmes ne reprenaient qu'à 19 ou 20 heures selon les années.

A cette époque, la télévision de Radio-Canada était bilingue et ce, jusqu'à la création de CBMT, (canal 6) le 10 janvier 1954, deux ans après l'ouverture de CBFT. Par ailleurs, dès le début,
les responsables de CBFT interdisaient aux réalisateurs nouvellement engagés de se rendre aux Etats-Unis de crainte qu'ils ne s'inspirent des productions et des méthodes américaines.

Les temps ont bien changé! Entre 1952 et 1957, la programmation de CBFT est composée à 50 à 75% d'émissions maison, un pourcentage plus élevé que celui de la télévision française (R.T.F.). En 1956, Montréal occupait le troisième rang mondial des centres de production télévisuelle (après New-York et Hollywood). Dès 1957, trois foyers québécois sur quatre possédaient un récepteur, 860,000 appareils avaient été vendus en cinq ans, un record canadien.

D'abord limitée à la région montréalaise, la télévision québécoise s'est répandue à travers tout le Québec avec l'apparition, depuis les 30 dernières années, d'une quarantaine de stations privées et affiliées et de nouveaux réseaux comme TVA, CTV, Radio-Québec et Quatre-Saisons. La cablo-distribution a également permis à plus de 90% des Québécois d'être branchés à tous ces réseaux et de capter également la télévision américaine et européenne.

Avec l'arrivée de la vidéo-cassette, de la télévision payante, du vidéo-way, de la fibre optique et le lancement de satellites pouvant diffuser en faisant fi des frontières plus de 200 canaux hyper-spécialisés, un nouveau chapitre de l'histoire de la télévision est entamé et bien malin ceux qui, aujourd'hui, peuvent en imaginer les dernières lignes.

La télévision est une histoire à suivre. L'arrivée prochaine de la télévision à haute définition et l'amalgame de la télévision avec le téléphone, avec l'ordinateur, le fax-modem-écran ne permettent à personne de jouer les devins ou les prophètes. C'est l'histoire de la civilisation qui continue, et bien malin qui pourra prédire où ces innovations techniques conduiront l'humanité à l'aube du 21e siècle.
http://www.anwarock.com

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