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L'histoire de la guitare classique. (2/2)

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Toni

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Le 19ème siècle
Les diverses tendances empruntées par la guitare dans les siècles précédents peuvent, en rétrospective, être vues comme plusieurs routes primaires et secondaires menant à une seule destination - la guitare à six cordes simples. Cependant, la guitare n'a pas atteint le sommet de son évolution avant le 19ème siècle. À ce moment, l'acceptation de la guitare à six cordes devint universelle, s'étendant non seulement dans toutes les régions de l'Europe mais aussi au continent américain.
Les changements dans les conditions sociales apportées par la Révolution industrielle ont contribué à une connaissance accrue de la guitare. L'amélioration des moyens de transport a permis aux artistes de concert de voyager beaucoup plus qu'auparavant. Grâce au transport par train qui s'étendait à travers le continent, plusieurs guitaristes eurent des opportunités sans précédent de performer devant de grands auditoires à travers des tournées de concert prolongées. Ce fut l'époque des grands virtuoses guitaristes dont les tournées de concert à travers le monde contribuèrent à établir la base solide de la grande popularité que la guitare connaîtrait au 20ème siècle.
Au cours de la première moitié du 19ème siècle, Vienne était la capitale du regain d'enthousiasme envers la guitare. À cette époque, Vienne était devenue une plaque tournante musicale attirant plusieurs musiciens de partout en Europe. Les guitaristes firent partie des musiciens qui vinrent à Vienne et leurs nombreuses performances donnèrent à la guitare l'élan dont elle avait besoin afin d'être reconnue comme instrument solide d'expression artistique.
Simon Molitor (1766-1848) fut probablement le premier guitariste important à s'établir à Vienne. Les nombreuses compositions de Molitor comprennent des pièces pour guitare seule et de la musique de chambre avec partitions pour guitare. Parmi ces partitions, on compte des trios pour violon ou flûte, alto et guitare. Ces instruments faisaient partie de la riche vie musicale viennoise de cette époque.
Un autre interprète, Leonhard von Call (1769-1815), composa pour la guitare une grande quantité de musique qui devint populaire, de même qu'une méthode pour la guitare.
Mauro Giuliani
Mauro Giuliani (1781-1829), Italien d'origine, est l'un des plus importants chefs de file et interprètes de la musique pour guitare du 19ème siècle. Après un séjour prolongé à Vienne, il eut, après 1807, une grande influence comme interprète. Il a été l'initiateur de la tendance envers les tournées extensives de concert pour guitaristes, il a étendu ainsi l'acceptation de la guitare comme instrument sérieux à travers l'Europe. L'influence de Mauro Giuliani dans la vie musicale de Vienne fut considérable. Il fut l'initiateur des concerts pour guitare et orchestre. À cause de ses talents musicaux et de ses capacités techniques hors du commun, il a fréquemment performé avec quelques unes des plus importantes figures musicales de l'époque.
Giuliani avait comme collègues associés Karl Seidler, Spohr, Loder et Anton Diabelli. Quoique Diabelli (1781-1858) fut à la fois pianiste et guitariste, plus important encore était le fait qu'il fut éditeur de musique. C'est en vertu de cette fonction que son association avec Giuliani se révéla particulièrement profitable. Il publia plusieurs compositions pour guitare, incluant celles de Giuliani, et les efforts qu'il investit dans la promotion de la guitare eurent un effet marqué sur la popularité de l'instrument. On a attribué, pendant un temps, à la fille de Giuliani, Emilia, la découverte des harmoniques sur la guitare.
Franz Schubert (1797-1828) a joué et composé de la musique pour la guitare. Trop pauvre pour posséder un piano, il utilisait la guitare pour composer. Il composa beaucoup de mélodies merveilleuses avec accompagnement de guitare mais sa plus importante contribution envers la littérature pour la guitare reste, cependant, son Quatuor pour flûte, guitare, alto et violoncelle.
Plusieurs autres guitaristes italiens suivirent l'exemple de Giuliani en donnant des concerts et en éditant leur musique à Vienne. L'un des plus importants était Luigi Legnani (1790-1877). Il développa une technique et une virtuosité qui, éventuellement, surpassèrent celles de Giuliani.
Parmi les nombreux intérêts de Legnani figurait celui de la construction de guitare. Il fit plusieurs suggestions qui conduisirent à des améliorations valables de la guitare. Il était un compositeur prolifique. Ses compositions vont jusqu'à l'opus 250 et incluent un concerto, des duos, des trios, des variations, trente-six Cappricios et un Scherzo.
Matteo Bavilaqua, un autre guitariste italien célèbre, publia plusieurs oeuvres pour guitare seule de même que des compositions pour guitare et piano, guitare et flûte, etc.
Parmi les guitaristes bohémiens, Wenzeslaus Matiegka (1773-1830) a été le plus important. Sa musique, à la fois pour guitare seule et pour guitare avec d'autres instruments de musique de chambre, inclut plus de trente compositions.
Parmi les guitaristes allemands, nous pouvons noter Leonhard Schulz qui était un interprète de fort calibre.
Fernando Sor
Les principaux représentants de l'école "expressioniste" étaient les Espagnols Sor et Aguado, ainsi que les Italiens Carulli, Carcassi, et Giuliani. Figure éminente du groupe, Fernando Sor a été le plus grand guitariste de la période romantique. Fils d'un marchand catalan, il naquit à Barcelone en 1778 et reçut une formation musicale à la chorale du monastère de Montserrat avoisinant.
À l'âge de 18 ans, Sor écrivit un opéra, Télémaque sur l'Île de Calypso qui fut produit à Barcelone en 1797.
Pendant la période troublée de l'occupation française, Sor fut appelé sous les drapeaux. Lorsque les Français se retirèrent, défaits par Wellington et les armées de guérilla espagnoles, Sor n'eut pas d'autre choix que de partir avec eux. Après 1812, il vécut à Paris la majeure partie du temps, où il donna des concerts charmant le tout Paris.
Il fit ses débuts à Londres en 1815 où il fut le premier et seul guitariste à avoir jamais été invité à performer avec la Société philharmonique de Londres. En 1817, il apparut comme soliste à son propre concert Concertante for Spanish Guitar and Strings. Durant les années 1820, il voyagea en Allemagne et ensuite en Russie. À Moscou, il produisit trois de ses ballets. À la mort du Tsar Alexandre 1er en 1825, Sor composa une marche funèbre à la demande du nouveau Tsar Nicolas 1er. Lors de son retour en France, il travailla inlassablement comme professeur et compositeur.
Ses compositions se chiffrent à plus de 250 ou 300 oeuvres allant de pièces de salon jusqu'à des opéras complets. Ses pièces de musique majeures les plus connues sont des ballets - Cendrillon et Gil Blas. Grâce à son goût et connaissances pour la danse, il était à son mieux lorsqu'il composait des valses, menuets, galops, boléros, et ainsi de suite. Il écrivit, pour le bénéfice d'une encyclopédie française, la première étude faisant autorité sur des danses espagnoles telles que le boléro, seguidilla, murciana et sevillana. Dans un style plus classique, il composa des sonates, fantaisies, et des séries de variations sur des thèmes de Mozart, Hummel et Paisiello.
Cependant, le plus grand haut fait de Sor demeure sa Méthode pour la guitare de 1830 - certainement le plus brillant livre de méthode pour la guitare jamais écrit. Cela est le fruit de quarante années d'expérience.
Stimulés par les innovations et développements dans la technique de guitare et par la demande pour des instruments plus perfectionnés, de plus en plus de luthiers travaillèrent fort afin de satisfaire aux exigences changeantes et de produire des instruments rencontrant ces exigences.
Johann Georg Staufer (1778-1853) était un remarquable fabricant de guitares établi à Vienne. En plus de lui attribuer l'invention de la guitare d'amour, il a également acquis une réputation comme fabricant de guitares de première qualité.
Johann Gottfried Scherzer (1843-1870) prit la relève de l'atelier de Staufer. À la suite de ses expériences intensives dans l'amélioration de la sonorité de la guitare et profitant de ses contacts avec des physiciens pour parvenir à son but, il devint l'un des premiers fabricants de guitares à utiliser une approche scientifique, ce qui eut comme résultat la production de guitares de concert de haute qualité.
Interprètes russes
L'invention de la guitare russe à sept cordes a été attribuée à Andreas O. Sichra (1772-1861). Ses 75 compositions pour la guitare à sept cordes sont devenues la base d'une littérature riche à l'égard de cet instrument. Il a écrit une excellente méthode pour la guitare.
Les principes et méthodes d'enseignement de Sichra ont produit plusieurs des excellents guitaristes de Russie: Simeon N. Aksenow (1773-1853) qui est parmi ceux à qui l'on attribue la mise en valeur de l'utilisation des harmoniques; W. I. Swinzow qui a été l'un des premiers virtuoses de la guitare à sept cordes à se produire dans des salles devant un public important.
La prédominance de la guitare à sept cordes en Russie n'a d'aucune façon exclu la guitare à six cordes de la vie musicale du pays. Marcus D. Sokolowski (1818-1883) fut l'un de ceux à maîtriser la guitare à six cordes après avoir débuté sa carrière musicale comme violoniste et violoncelliste.
L'un des musiciens les plus éminents de Russie a apporté une contribution à l'histoire de la guitare. Nicolas P. Makarow (1810-1890) enregistra au jour le jour ses impressions personnelles sur les personnalités et aptitudes musicales des nombreux célèbres guitaristes qu'il entendit à travers l'Europe. En 1856, il organisa à Bruxelles un concours pour la meilleure composition de guitare ainsi que pour la guitare fabriquée de plus haute qualité. Les premier et second prix pour la meilleure composition furent gagnés par Napoléon Coste et Johann Mertz respectivement. Le premier prix pour la meilleure guitare alla à Johann Scherzer de Vienna, le second prix à Ivan F. Archusen de Russie.
En 1823, la fameuse ballerine française Madame Hullin Sor, épouse de Fernando Sor, vint à Moscou afin d'exécuter plusieurs ballets sous la musique écrite par son mari. Sor visita la Russie lui-même et, en souvenir de son voyage dans ce pays, composa un duo de guitares intitulé Souvenir de Russie.
Maîtres italiens
La compétence et la supériorité des interprètes guitaristes italiens étaient telles que leur influence s'est fait sentir dans toute l'Europe et aussi dans les Amériques.
Fernando Carulli naquit à Naples en 1770 et mourut à Paris en 1841. D'abord violoncelliste, il se consacra exclusivement, plus tard, à la guitare et devint l'un des plus talentueux virtuoses guitaristes d'Italie. À Paris, il s'est fait une réputation en jouant dans des récitals de salon, en composant ses 360 oeuvres, de même qu'une méthode qui est toujours disponible (Carulli, méthode complète pour guitare en 3 volumes, Ricordi). Il mit au point une guitare avec quatre cordes de basse en plus (la décacorde). Ses récitals contribuèrent à faire de Paris un formidable centre d'activité pour la guitare.
Son successeur Matteo Carcassi (1792-1853) développa la technique de Carulli au moyen de sa Méthode complète pour la guitare qui devint la méthode d'étude la plus universellement utilisée au 19ème siècle. Carcassi vint à Paris après des récitals à succès en Allemagne, Italie et en Angleterre auparavant. Il était un grand virtuose et, avec le temps, sa technique devint plus populaire que celle de Carulli.
Niccolò Paganini (1782-1840) est mieux connu comme virtuose violoniste mais il était également un très grand virtuose guitariste. Il a presque autant composé pour la guitare que pour le violon: en fait, pratiquement tout ce qu'il a publié dans sa vie contient au moins un passage pour la guitare. Ses compositions se chiffrent à 140 petites pièces en solo, un certain nombre de sonates pour violon et guitare, des quatuors pour violon, alto, violoncelle et guitare, des trios pour guitare et deux instruments à cordes. L'intérêt de Paganini envers la guitare l'a fait entrer en contact avec plusieurs des personnalités les plus importantes du monde de la guitare, parmi lesquelles figuraient Zani de Ferranti et Legnani.
Zani de Ferranti (1800-1878) a été qualifié d'un des plus grands virtuoses guitaristes de son époque. Hector Berlioz fait allusion à Ferranti dans son traité de l'instrumentation. Zani de Ferranti a beaucoup plus voyagé que la plupart des interprètes de son temps. Il est finalement allé en Amérique et eut la distinction d'être l'un des premiers virtuoses guitaristes reconnus à avoir fait une tournée aux États-Unis. Sa contribution au répertoire de pièces de guitare consiste en plusieurs solos. Ces oeuvres incluent des fantaisies, nocturnes ainsi que plusieurs autres pièces.
À peu près vers la même époque, un personnage de grande valeur apparut dans la personne de Napoléon Coste (1806-1883). Après s'être établi à Paris en 1830 où il s'associa avec d'importants guitaristes tels que Aguado, Sor, Carcassi et Carulli, il joua jusqu'en 1863 lorsqu'un accident rendit sa main droite invalide. Il composa environ 50 oeuvres et a été l'un des premiers guitaristes à entreprendre une transcription en notation moderne de musique du 17ème siècle. En fait, sa contribution la plus importante repose en la force d'impulsion qu'il a donné à la renaissance de l'intérêt dans la musique de guitare baroque.
L'intense activité dans le domaine de l'interprétation, des virtuoses, avait comme égal les efforts des fabricants d'instrument dans le but de produire non seulement plus mais de meilleures guitares. Parmi les nombreux importants fabricants de guitare de l'époque, plusieurs des meilleurs étaient membres de la famille Fabricatore. Gennaro Fabricatore travaillait durant la première moitié du 19ème siècle. Son style se rapprochait d'une étape de la forme moderne de la guitare qui allait évoluer et prendre forme plus tard dans ce siècle. À Paris, le luthier René François Lacôte devint l'un des plus importants fabricants de guitare du siècle.
Bien que la caractéristique la plus frappante du 19ème siècle ait été le grand nombre de maîtres virtuoses ambulants, l'utilisation de la guitare dans la musique de chambre devint aussi plus marquée à cette époque. Parmi les compositeurs qui produisirent de telles oeuvres se trouvaient Johann Bayer, Joseph Küffner, Johann Kapeller et Johann Kaspar Mertz (1806-1856). Mertz utilisait une guitare à huit cordes et, plus tard, une guitare à dix cordes.
Partout où la guitare devint populaire, elle attira l'attention de compositeurs éminents qui dès lors composèrent pour elle. Von Weber (1786-1826) a composé pour la guitare. Richard Wagner (1813-1883) est connu pour s'être souvent intéressé à cet instrument pour s'aider lors de ses compositions, il a écrit des accompagnements pour guitare.
L'un des développements saillants au 19ème siècle pourrait possiblement être qualifié de renaissance de la guitare en Angleterre. Tôt dans l'histoire de l'évolution de la guitare, ce pays a joué un rôle, rôle cependant qu'il n'a pas conservé. Lorsque Londres devint, au 19ème siècle, un centre musical d'importance à l'égal de Paris, Vienne et Saint-Pétersbourg, un grand nombre de guitaristes y furent attirés et vinrent s'y exécuter et exposer largement les Anglais à la musique de guitare, ce qui eut pour effet, en conséquence, de raviver et intensifier l'intérêt du public envers l'instrument. Comme on pouvait s'y attendre, les luthiers prospérèrent en Angleterre pendant ce temps.
Guitaristes d'Espagne
À la même époque, l'Espagne a produit plusieurs guitaristes virtuoses exceptionnels et il est indiscutable que la musique pour guitare a connu un essor remarquable dans l'Espagne du 19ème siècle. Dans le passé, déjà, les guitaristes virtuoses ainsi que les principaux chefs de file espagnols de la guitare avaient obtenu un grand succès en dehors de leur pays d'origine. Fernando Sor est un exemple de ces guitaristes émigrants.
Dionisio Aguado (1784-1849) était un grand virtuose et compositeur. Il était aussi un important pédagogue et sa Metodo para guitarra est toujours considérée comme l'une des meilleures méthodes d'enseignement écrites au 19ème siècle. Sa méthode a été traduite dans plusieurs langues et rééditée plusieurs fois. Il est à l'origine de l'utilisation d'un support afin de soutenir l'instrument tout en jouant en position assise.
Julian Arcas (1832-1882) était un autre virtuoses guitariste espagnol. Après avoir fait la tournée de l'Espagne, il est allé en Angleterre et a donné une performance au Brighton Pavilion en présence de membres de la famille royale. Ses interprétations furent très appréciées. Après être retourné en Espagne, il a continué à donner des concerts et est devenu professeur au conservatoire royal. Pas moins de 80 de ses compositions ont été publiées.
Francisco Tarrega
Les travaux de Francisoc Tarrega (1852-1909) représentent probablement la plus importante contribution pédagogique et de technique de guitare, venant d'Espagne. Cela inclut ses compositions qui se classent parmi les meilleures de la fin du 19ème siècle.
Tarrega avait huit ans quand il commença à étudier la guitare. Il a fait par après des études au Conservatoire de musique de Madrid où il devint plus tard professeur de guitare. Il a aussi enseigné au Conservatoire de Barcelone et réalisa plus de 100 adaptations d'oeuvres de Bach, Handel, Mozart et Schubert. De plus, il a réalisé plusieurs compositions: préludes, études, valses, qui sont le reflet d'une harmonie de plus en plus complexe ainsi que d'une technique rendue possible grâce à sa nouvelle approche face à la façon de jouer la guitare.
Cette nouvelle approche impliquait un changement majeur: la position de la main droite perpendiculairement aux cordes au lieu d'être tenue de façon oblique.
Grâce à la méthode de position perpendiculaire des mains, de Tarrega, la technique dite "de la liaison de notes en utilisant la main gauche seule" devint plus facile et le son en était plus clair. Dans tous les aspects ayant trait à la guitare classique, l'oeuvre et le talent de Tarrega étaient certains et ont été d'un secours considérable vis-à-vis l'élaboration de la technique moderne de guitare classique. Ils ont contribué à relancer la popularité de la guitare, qui avait décliné lors des années précédentes. Soudainement, apparut une nouvelle génération de compositeurs qui pouvaient interpréter, au monde extérieur, la musique espagnole dans sa plus pure tradition: Isaac Albéniz (1860-1909), Enrique Granados (1967-1916), et Manuel de Falla (1876-1946). Tous étaient de grands admirateurs de la guitare, mais seul Albéniz grandit en jouant de la guitare aussi bien que du piano. Albéniz allait devenir un des grands pianistes du siècle mais il composait pour cet instrument comme s'il s'agissait d'une guitare. Plusieurs de ses oeuvres sont éminemment bien adaptées à la transcription pour guitare.
Après la mort de Tarrega en 1909, son oeuvre fut poursuivie par un cercle d'élèves doués, incluant Emilio Pujol, Miguel Llobet, Daniel Fortea, et Alberto Obregón.
Le luthier Antonio Torres
Parallèlement aux réalisations de Tarrega, se produisaient des développements dans la construction de guitare. Tout comme l'approche de Tarrega conduisit à établir une fondation solide et développée de l'amélioration de la technique de la guitare, le travail du célèbre fabricant de guitare Antonio Torres Jurado (1817-1892) a conduit directement à la forme de base de la guitare telle que nous la connaissons (fig.14). Il a attaché beaucoup d'importance à la caisse de résonance dans la qualité du son produit. Il a également perfectionné et pourrait être à l'origine de l'utilisation de la structure de barrage en forme d'éventail à l'intérieur de la caisse dans le but de produire un son plus riche. Cependant, Pages (le luthier que Sor et Aguado recommandaient) utilisait cette structure depuis 1790. Panormo a utilisé la structure de barrage en éventail dans le style espagnol depuis 1820. Il a standardisé la longueur des cordes à 65 cm, longueur toujours utilisée aujourd'hui mais les guitares vers 1800-1810 avaient cette longueur de corde aussi. Stauffer utilisait une longueur de 647 mm, Lacôte: 647 mm, etc - en fonction de la dimension des mains du joueur. La longueur de cordes de 65 cm, de Torres, est devenue un standard parce que chacun l'a adoptée. Il a également standardisé la structure moderne des touches - plus larges et épaisses que sur les instruments précédents - et a conçu le modèle du chevalet collé quasi identique à celui que l'on trouve aujourd'hui sur les guitares classiques modernes mais le chevalet trouve son origine dans les guitares baroques et était utilisé sur les guitares espagnoles à travers tout le 19ème siècle.
Les innovations de Torres résultèrent en la fondation d'une vraie école espagnole de construction de guitare dont les membres éventuellement inclurent les plus importants luthiers de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. Parmi ces luthiers, on retrouve la famille Ramirez.
Autres constructeurs
Fernando Sor mentionne plusieurs constructeurs dans sa "Méthode de guitare espagnole", éditée chez Tecla: «M. J. Panormo a fabriqué quelques guitares sous ma direction, tout comme M. Schroeder à Petersburgh... Par rapport à la caisse, les guitares napolitaines en général ont surpassé pendant longtemps, à mon avis, les guitares françaises ou allemandes; mais ce n'est plus le cas maintenant. Si j'avais à acheter une guitare, je me la procurerais chez M. Joseph Martinez, de Malaga, ou chez M. Lacôte... Les guitares que j'ai toujours préférées sont celles de Alonzo de Madrid, de Pages et Benediz de Cadiz, Joseph et Manuel Martinez de Malaga, ou Rada, successeur et élève du précédent, ainsi que celles de M. Lacôte de Paris. D'autres instruments peuvent être supérieurs, mais je ne les ai jamais essayés.»
Durant le 19ème siècle, presque chaque constructeur faisait une guitare avec une forme, dimension et style différent. Torres s'est inspiré de ces différents styles pour ses guitares - à partir des demandes de Julian Arcas. Tarrega aimait le son de la guitare de de son professeur Arcas, la guitare de Torres aussi quoique un peu moins.
Popularité grandissante de la guitare en Amérique
La guitare était connue au Nouveau Monde depuis une époque aussi lointaine que le 16ème siècle lorsque les colonisateurs espagnols vendirent des vihuelas aux Indiens aztèques. La venue d'artistes espagnols et portugais a sans aucun doute fait beaucoup pour favoriser la popularité de cet instrument et, en Amérique du Sud en particulier, leurs activités ont été non seulement l'instrument de la publicité de la guitare mais en ont fait aussi aussi le véhicule de la musique folklorique dans plusieurs pays.
De ces développements a résulté une augmentation d'un nombre de guitaristes connus et de fabricants de guitares en Amérique du Sud et en Amérique du Nord.
La popularité croissante de la guitare a créé une plus grande demande envers cet instrument. Plus tard au 19ème siècle, on a répondu à cette demande accrue au moyen de la fabrication en usine en plus de la fabrication artisanale traditionnelle.
Jusqu'à un certain point, les événements ayant eu lieu au 19ème siècle - l'évolution de l'instrument, les plus grandes occasions et facilité de voyager pour les maîtres interprètes, la distribution plus étendue de la guitare - peuvent être considérés comme naturels et comme faisant partie d'un processus d'évolution prévisible. L'époque révolue de la fabrication d'instruments totalement faits à la main a été remplacée pour la première fois par des machines capables de production en masse.
Plusieurs de ces événements ont pavé la voie à ceux qui devaient prendre place au 20ème siècle.
Le 20ème siècle
Notre siècle a été et continue d'être le témoin d'une vague sans précédent dans l'acceptation de la guitare comme instrument utilisé pour l'expression artistique importante. En aucune autre époque de son histoire, la guitare n'a été aussi appréciée comme instrument de concert.
On reconnaît deux raisons à la base de l'énorme popularité de la guitare aujourd'hui. La première et la plus évidente est reliée à des phénomènes propres au 20ème siècle. Les progrès révolutionnaires de la technologie et le développement des communications au moyen des mass media, ainsi que des moyens de transport plus rapides et efficaces sont là les aspects les plus notables de ce siècle. La radio, la télévision, l'industrie de l'enregistrement, les communications par satellites, les déplacements par réacté, etc. ont tous contribué à universaliser l'exposition de la guitare. Les musiciens peuvent maintenant donner des concerts partout dans le monde à l'intérieur d'une seule saison. Ils peuvent atteindre des auditoires très importants - non seulement ceux présents sur les lieux du concert mais aussi ceux qui suivent le concert à la télévision, qui écoutent la radio et aussi joindre des auditeurs d'enregistrements, et des millions d'entre ceux qui utilisent l'ordinateur et l'Internet. Plus de gens que jamais sont, ainsi, attirés à participer aussi bien comme compositeurs, interprètes ou auditeurs; plus d'occasions sont créées qui font surgir l'intérêt pour la guitare.
La seconde raison, bien que moins spectaculaire, n'est pas moins significative. Elle est un prolongement, une conséquence naturelle des développements qui se sont produits lors des siècles précédents.
On se souviendra que vers la fin du 19ème siècle, Tarrega a développé et élevé la technique de la guitare au niveau d'un art véritable, niveau précédent la prochaine étape que nous connaissons comme étant la technique moderne. Les grands fabricants de guitare, plus particulièrement Torres, avaient développé un instrument qui, avec de légères modifications, est en tout point égal jusqu'à ce jour à la forme classique de la guitare. Ces deux événements marquants devaient ouvrir la voie à la pleine réalisation du potentiel de la guitare au 20ème siècle.
Tarrega a eu plusieurs élèves remarquables, cependant le plus important a été de loin Miguel Llobet (1878-1937). Llobet donna des concerts à travers l'Espagne. Il a joué à Paris, en Angleterre, aux États-Unis, en Amérique du Sud, à Berlin, à Vienne, bref, dans presque toutes les villes importantes du monde occidental. Llobet était reconnu comme étant un maître et un virtuose suprême de la guitare.
Il a enseigné à un nombre considérable de guitaristes contemporains hors du commun dont Maria Luisa Anido (1907-) et José Rey de la Torre de Cuba.
Le titre de géant virtuose guitariste du 20ème siècle revient à Andres Ségovia (1893-1987) un ami intime de Miguel Llobet. Ségovia a été obligé d'apprendre la guitare par lui-même et devint ainsi un autodidacte de cet instrument. Il a éventuellement développé une technique qu'on pourrait qualifier d'amélioration de celle de Tarrega et l'un des aspects les plus importants de cette technique, par-dessus toute chose, a rapport à la précision de la main droite en particulier. Pendant plus d'un demi siècle, année après année, il a donné des concerts à travers le monde. Il a à son crédit d'innombrables performances radiodiffusées et télévisées. Il a mis sous disque pratiquement son répertoire tout entier.
L'implication de Ségovia dans la guitare va au-delà de la simple interprétation de pièces.
Il a inspiré des compositeurs contemporains à écrire des pièces pour la guitare. Mario Castelnuovo-Tedesco a composé le premier concerto pour guitare du 20ème siècle (1939).
Également, sous l'instigation de Ségovia, le Mexicain Manuel Ponce, l'Espagnol Joaquim Rodrigo et le Polonais Alexander Tansman ont composé pour la guitare.
Ségovia a enseigné à des générations de guitaristes. Alirio Diaz était un des élèves les plus remarquables de Ségovia et est devenu un des guitaristes dominants internationaux, ayant connu beaucoup de succès dans l'interprétation de la musique latino-américaine.
Narciso Yepes (1927-1997), un compatriote espagnol de Ségovia, était un autre guitariste virtuose possédant une technique impeccable. Il a donné son premier concert public à vingt ans et est devenu par la suite un interprète de réputation internationale.
Des interprètes de calibre international sont venus d'autres pays également tels Karl Scheit, Konrad Ragossnig.
Parmi ces interprètes, deux Anglais, Julian Bream (1933-) et John Williams (1941-) ont démontré de très grandes capacités et sont devenus des virtuoses de grande envergure.
Julian Bream
Julian Bream a appris en écoutant la radio et en étudiant la technique d'autres guitaristes. Il a reçu une formation comme pianiste, violoncelliste et en composition au Royal College of Music. Le premier concert de Bream à Londres a eu lieu au Wigmore Hall en 1951. Depuis lors, il a mené une vie de musicien occupé et couronné de succès, partageant son temps entre les performances dans son pays, les studios d'enregistrement, et les salles de concert. Ses goûts musicaux sont variés et sa réputation à titre de joueur de luth est aussi fameuse que comme guitariste. Comme guitariste, son répertoire s'étend de la Chaconne de Bach aux oeuvres de compositeurs contemporains. Il a beaucoup contribué à promouvoir la musique contemporaine pour la guitare.
John Williams
Né en Australie en 1941, John Williams a commencé à étudier la guitare par son père, fondateur du Centre de la guitare espagnole à Londres. En 1952, il a été présenté à Ségovia qui l'a pris comme élève. Sur les conseils de Ségovia, il fit son entrée à l'Academia Musicale Chigiana à Sienne. De retour en Angleterre, il a étudié le piano et la théorie musicale de 1956 à 1959. Ses débuts à Londres au Wigmore Hall eurent lieu en 1958 et en peu de temps son nom devint synonyme de perfection en Angleterre et au-delà.
John Williams est toujours l'un des plus talentueux interprètes de guitare classique possédant une remarquable technique complète. Son répertoire varie de transcriptions de musique ancienne de luth à des oeuvres de compositeurs sud-américains et contemporains. Il a changé son style de classique à une musique non-classique. Il a expérimenté la musique de Jazz en adaptant et interprétant des oeuvres de Bach, Scarlatti, Villa-Lobos et d'Albéniz selon ce style de musique. Il s'est aventuré dans le domaine de la guitare électrique et de la musique pop.

L'interprétation en duo a été rendue populaire par l'équipe Alexandre Lagoya et Ida Presti; depuis lors le nombre de ces duos s'est accru, de même que les pièces de musique composées pour eux.
Eliot Fisk
Né à Philadelphie, Eliot Fisk a reçu une maîtrise en science musicale M.M.A. à l'Université Yale, où il a étudié avec le claveciniste Ralph Kirkpatrick. Immédiatement après avoir obtenu son diplôme, il fut sollicité dans le but de mettre sur pied le département de guitare de l'École de musique de l'Université Yale. En 1974, on l'a présenté à son idole, Andres Segovia, qui lui a donné des leçons privées pendant plusieurs années. En plus de sa carrière comme interprète, Eliot Fisk est très engagé dans une carrière d'enseignant. Il est professeur de guitare au Mozarteum à Salzbourg en Autriche où il enseigne à de talentueux jeunes guitaristes provenant d'une douzaine de pays différents. M. Fisk donne aussi de nombreux cours en particulier et réside à travers le monde. Né avec le goût du risque et virtuose possédant une imagination débordante agitée, Eliot Fisk a apporté une toute nouvelle dimension à l'interprétation de guitare classique. Il a traité les demandes de compositeurs contemporains par une imposante prestation de musique de guitare tout comme pour ses propres transcriptions d'oeuvres de Bach, D. Scarlatti, Haydn, Mozart, Mendelssohn, Granados, Albéniz et autres. Un grand interprète en récitals et soliste avec orchestres, il joue régulièrement également avec divers ensembles de musique de chambre.
Développements nouveaux dans la construction de guitare
Le réalisations monumentales de l'école espagnole se retrouvent dans les guitares de Santos, Hernandez et de José Ramirez de Calaretta. Hermann Hauser a été un important luthier du 20ème siècle. Ses excellents instruments ont été utilisés par plusieurs guitaristes de concert contemporains.
La fabrication de guitares a été faite selon les traditions du passé et en modifiant quelque peu celles-ci dans le but de produire de meilleurs instruments. Grâce à la technologie et à l'innovation, les vieilles cordes de boyau ont été remplacées par des cordes de nylon. Cette dernière innovation a beaucoup révolutionné l'art de jouer de la guitare. Puisque les cordes en nylon sont beaucoup plus résistantes, ont moins souvent besoin d'être accordées et produisent un son de meilleure qualité que celles en boyau, elles sont plus pratiques et demandées.
Actuellement, la guitare jouit d'une assise solide au niveau international. Elle est enseignée à travers le monde. Après la Seconde guerre mondiale, la guitare est devenue extrêmement populaire au Japon et ce pays a produit un grand nombre d'interprètes, de professeurs et de fabricants de cet instrument.
Pratiquement partout, des magazines traitant de la guitare sont publiés et disponibles.
Des périodiques internationaux sur la guitare existent et publient des articles sur des activités se rapportant à la guitare à travers le monde: le Classical Guitar Magazine, publié en Angleterre, le Classical Guitar et The Guitar Review, publié à New-York, ont un tirage international. Ils sont également publiés sur Internet.
Des Sociétés de guitare se sont multipliées partout.
L'éclosion de sociétés, d'associations et d'organisations dévouées à l'avancement de la guitare ou à un ou plusieurs aspects y étant associés apportent un témoignage supplémentaire de l'intérêt universel envers cet instrument. Ces organisations présentent de jeunes guitaristes dans des récitals, encouragent l'étude de cet instrument, et se consacrent à un grand nombre de fins ayant en commun la propagation d'activités pertinentes à la guitare. Les récitals de guitare se sont multipliés de même que les compétitions de niveau national et international.
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