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L'histoire du Hard Rock.

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1 L'histoire du Hard Rock. le Ven 23 Avr - 13:46

Toni

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Les amateurs s'accordent à dire que les origines du style remontent à la seconde partie des années 60, avec l'accentuation de la saturation et de la puissance des instruments, notamment la guitare et les amplis. A cette notion technique s'ajoutent la conjonction de plusieurs styles [le rock 'n' roll, le blues, le rhythm & blues,_] et une attitude plus aventureuse chez les musiciens qui expérimentent sans limite. Même si certains trouvent dans "Helter Skelter" [THE BEATLES] les prémices du hard rock, les premiers vrais penchants pour le genre apparaissent dans le "british-rock" des KINKS, des WHO et des YARDBIRDS. Creuset créatif inestimable, ces derniers accueilleront successivement en leur sein les légendaires Jimmy Page, Jeff Beck et Eric Clapton. Le premier fondera LED ZEPPELIN en 1968 avec Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham. Fusionnant le blues, le rock, des inspirations folkloriques et progressives sur toile de fond ésotérique, il s'agit incontestablement par sa grandeur, sa popularité et son histoire, du premier groupe hard rock. Il est toutefois talonné de très près, mais avec de grosses nuances d'inspiration, par DEEP PURPLE [références classiques] et BLACK SABBATH [imagerie rituelle et textes sataniques, père fondateur du heavy metal]. En Grande-Bretagne, les ingrédients d'un rock plus dur se retrouvent aussi partiellement chez FREE [avec le guitariste Paul Kossof - ce groupe donnera naissance à BAD COMPANY] et CREAM [avec Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce].
Outre-Atlantique, il n'y a pas de courant unique.
Phénomène, parfois même incompris par ses pairs, Jimi Hendrix, plus que quiconque, a célébré le règne de la saturation, dans une approche avant-garde de la guitare. Sa carrière, écourtée par sa disparition en 1970, est un exemple depuis presque trente ans. Il incarne le guitar-hero par excellence.
Exception faite de BLUE CHEER [originaire de San Francisco] et de STEPPENWOLF [Canadiens émigrés en Californie, auteurs de "Born To Be Wild"], c'est dans les milieux urbains du nord et nord-est des États-Unis qu'on voit surgir certaines formations hargneuses : MC5, les STOOGES [avec Iggy Pop] et GRAND FUNK RAILROAD, trois déchaînements soniques mythiques, mais différents en de nombreux points.
Il est étonnant de remarquer la dualité constante au sein des groupes hard rock entre le chanteur et le guitariste : Robert Plant/Jimmy Page [LED ZEPPELIN], Ian Gillan/Ritchie Blackmore [DEEP PURPLE], Ozzy Osbourne/Tony Iommi [BLACK SABBATH], tous ces musiciens ont une très forte personnalité, du charisme et exercent un pouvoir de fascination sur le public. Les thèmes sont essentiels et plutôt "intelligents" chez les pionniers britanniques ; en revanche, et avec les 70s, les textes émanant d'abord des États-Unis raconteront plus superficiellement la vie de groupes, les fêtes et les excès, le sexe et la drogue_
Mais comme pour tout genre musical en évolution, il est impossible d'être exhaustif. Pour quelques groupes référentiels, des milliers d'autres ont défriché, arrangé, modifié_
Du hard rock, il faut retenir différentes phases chronologiques : dans les années 70, Alice Cooper puis KISS introduisent une notion théâtrale dans le hard rock. Leur musique prend toute sa dimension en concert avec des décors et des effets gigantesques pour l'époque. Aux U.S.A. toujours, Steven Tyler et Joe Perry établissent AEROSMITH comme une valeur influente, tandis que BLUE ÖYSTER CULT travaille les ingrédients du heavy metal occulte et Ted Nugent entretient son image de guitariste-surhomme : "Si c'est trop fort, c'est que vous êtes trop vieux", dit-il alors. Mais c'est une formation mi-écossaise mi-australienne qui va pouvoir prétendre au titre du meilleur représentant hard rock de tous les temps : AC/DC. Depuis sa fondation en 1973, sa formule n'a guère changé, articulée essentiellement autour des riffs blues sous électrochoc du guitariste diablotin Angus Young, de la rigoureuse section rythmique et de ses chanteurs authentiques [Bon Scott décédé en 1980, puis Brian Johnson]. Au milieu des 70s, la Grande-Bretagne radicalise le genre avec JUDAS PRIEST. Look cuir et clous, il devient un groupe-phare du heavy metal, mené par l'étrange chanteur Rob Halford et la paire de guitaristes KK Downing/Glenn Tipton. Dans le genre "sans concession", MOTÖRHEAD est une figure emblématique malgré son inhabituel statut initial de trio. Son leader chanteur/bassiste Lemmy Kilmister [ancien roadie d'Hendrix, ex-HAWKWIND] est un modèle de fidélité au rock 'n' roll métallique depuis 1975, mais on lui reconnaît un comportement proche du punk ancestral. Dans un registre mélodique, puisant dans le folklore irlandais, le blues et le rock plus conventionnel, THIN LIZZY accorde une part royale aux guitares de Scott Gorham, Gary Moore ou Brian Robertson, mais on retiendra tout autant le formidable feeling de son chanteur/bassiste, Phil Lynott [tragiquement disparu en 1986]. Sans oublier UFO et URIAH HEEP_ et avant tout QUEEN quand Brian May et Freddie Mercury acceptent de durcir le ton.
Une seconde révolution secoue l'Amérique : VAN HALEN. En moins de 1.50 minute [le temps de l'instrumental "Eruption"], son guitariste Eddie Van Halen bouscule toutes les techniques et marque les générations à venir. Le bagout de son chanteur, David Lee Roth, se charge du reste.
Tandis que les années 70 s'achèvent aux U.S.A. par la prolifération des "super-groups" [qui n'empruntent au hard rock que la démesure des scènes et l'agressivité des guitares], tantôt très mélodiques [JOURNEY, BOSTON ou les glam-pop CHEAP TRICK] annonciateurs du hard FM ou AOR, ["adult oriented rock" - rock bourré de hits sur mesure pour les radios FM] tantôt progressifs [KANSAS, STYX], l'Angleterre lance une nouvelle offensive en réaction ou déviation du punk rock. La New Wave Of British Heavy Metal [N.W.O.B.H.M.] est un mouvement très global, un peu fourre-tout, aux styles très variés : pour une invraisemblable quantité de formations obscures, seules quelques-unes perceront. En tête, bien évidemment, SAXON [hard rock basique avec une teinte de heavy] et surtout IRON MAIDEN. Avec la même constance depuis 1979, il délivre un hard rock/heavy metal lyrique inspiré, agrémenté d'un concept visuel très fort [sa mascotte, le monstre Eddie]. A la même période, DEF LEPPARD se révèle dans un hard rock mélodique puissant. Quelques années plus tard, encouragés par leur succès en Amérique, ces musiciens de Sheffield s'orienteront vers du hard rock plus sophistiqué et des productions léchées. Culte, mais complètement oublié aujourd'hui, citons quand même DIAMOND HEAD, tête de file du début des années 80 en Angleterre et source d'inspiration pour bon nombre. Complices à leurs débuts de MOTÖRHEAD, GIRLSCHOOL apporte une touche entièrement féminine à ce paysage assez machiste, dans un registre rock direct et franc.
Premier phénomène de recyclage : les fondateurs se séparent, lancent des carrières en solo ou montent de nouveaux groupes. C'est le cas de Ozzy Osbourne avec BLIZZARD OF OZZ en 1980, tandis que Ritchie Blackmore mène RAINBOW depuis déjà 1975. L'un de ses chanteurs, Ronnie James Dio, vole de ses propres ailes dans DIO, dont les deux premiers albums sont des références de hard rock aux textes d'inspiration médiévale. De son côté, David Coverdale, Jon Lord et Ian Paice, rescapés de DEEP PURPLE, jouent brillamment du hard blues-rock dans WHITESNAKE.
Le monde vit sous la suprématie américaine et anglo-saxonne. Quelques cas isolés sont toutefois remarquables : en Allemagne, SCORPIONS, fondé en 1971, compte à son actif des purs classiques du hard rock avec un point culminant en 1982 et l'album "Blackout". Peu après, il réalise l'impact de ses ballades et sa musique, toujours puissante sur scène, est depuis singulièrement édulcorée en studio. La scène allemande est très vivace, même si l'âge d'or de ses pionniers est lointain. La radicalisation précoce pour le heavy metal [ACCEPT] en plusieurs vagues successives jusqu'au thrash metal ultime, a permis au style une excellente représentation jusqu'à ce jour [HELLOWEEN, RAGE, RUNNING WILD, KREATOR, GAMMA RAY, TANKARD, SODOM_].
En France, s'il fallait en retenir un seul, c'est bien TRUST. Textes à forte connotation politique et sociale, hard rock 'n' roll direct, l'Hexagone se sentira concerné dès 1978 et soutiendra le gang de Bernie Bonvoisin et Nono comme nul autre groupe. Il revient d'ailleurs aujourd'hui après des années de séparation.
Les 80s exploitent les formules anciennes, remises au goût du jour. Elles posent toutefois les bases du hard rock/heavy metal actuel. La secousse violente de VENOM en Angleterre, raillé à ses débuts pour ses pitoyables capacités musicales, son inspiration satanique [premiers pas du black metal] mais respecté pour son concept ultra-brutal, donnera naissance à des vocations et encouragera la montée du thrash metal. A l'époque, on parle encore de speed metal pour définir tout ce qui fait du bruit_ et très vite. C'est dans ce créneau qu'une bande d'adolescents résidant en Californie va devenir LE maître : METALLICA. James Hetfield, le Danois Lars Ulrich, Dave Mustaine [futur-MEGADETH, auquel Kirk Hammett succède] et Cliff Burton [décédé en 1986 et remplacé par Jason Newsted] résument en deux albums leurs intentions ["Kill 'em All" et "Ride The Lightning"]. La suite appartient à l'histoire : de "Master Of Puppets" au très controversé "Load" en passant par "_And Justice For All" et l'"album noir", METALLICA s'est imposé comme un leader et l'un des plus gros vendeurs de disques au monde !
Aux USA, si le natif du New Jersey Jon Bon Jovi, futur sex-symbol et acteur de cinéma, défend dans BON JOVI un hard pop en quelques disques essentiels au point de devenir très vite une référence en matière de hits, les années 80 baigneront dans le rêve californien. Empruntant au glam rock le goût du maquillage, des permanentes et du rock 'n' roll fêtard, MÖTLEY CRÜE défraye la chronique quelques années durant. L'esprit est superficiel, les textes basiques, mais la formule marche quelque temps_ jusqu'à ce que GUNS N' ROSES vienne redéfinir le vrai hard rock. Ouvertement influencé par AEROSMITH et HANOI ROCKS, le groupe californien explose en un album, "Appetite For Destruction". Dès lors, avec les "Use Your Illusion I" et "II", le caractériel chanteur Axl Rose, le débonnaire guitariste Slash, duo indissociable dans la réussite de GN'R, s'inscrivent durant quelques années dans le top des célébrités mondiales toutes tendances confondues. Pendant ce temps, AEROSMITH se remet en selle et rafle également le gros lot_
La décennie passée démontre que le musicien hard rock ou heavy metal est donc capable d'accéder au star-system. L'argent et les politiques de marketing nuisent à l'esprit rebelle originel, malgré les apparences. Par réaction, sans aucun compromis, une scène plus violente encore a fomenté durant les années 80. Du heavy metal au speed metal, du speed metal au thrash metal, aucune étiquette ne suffit pour définir les ramifications, les sous-courants et les hybridations des genres. Le hard rock, puisant à la source du rock 'n' roll et du blues, sans doute plus sobre et moins lourd que le heavy metal, ne veut plus rien dire à ce jour, si ce n'est englober une famille, une attitude, une base musicale_ Une forme de mise en garde, en quelque sorte. Le heavy metal, c'est un degré de méchanceté supplémentaire. Au delà, ce ne sont que méandres. Il est dans la nature des fans de s'identifier à une "tribu" musicale élitiste_ et aux groupes d'entretenir intelligemment leurs différences. Les dérivés du thrash metal dépendent beaucoup des textes [démesurément morbide, le death metal est à la musique ce que le gore est au cinéma ; le doom metal vit l'héritage de BLACK SABBATH en plus violent, mélancolique et pesant ; le black metal est un thrash metal à la connotation satanique prédominante, etc_]. Ceux qui s'imposent en thrash sont certainement les plus évolués : outre la rapidité technique, des chants extrêmes et des textes ultimes, peu se distinguent. On pense immédiatement aux pionniers ANTHRAX [qui, du thrash, s'est essayé au rap-metal puis est revenu au heavy mélodique], à TESTAMENT et OVERKILL, mais SLAYER passera l'épreuve du temps sans aucune concession [textes ambigus sur la religion, l'histoire et la politique, imagerie provocante, prises de position radicales - un must dans le genre]. Plus récemment, les Brésiliens SEPULTURA s'extirpent de leur répertoire spécifiquement brutal et offrent des ouvertures intelligentes [excellent album "Roots" qui a reçu l'appellation "world metal" pour avoir intégré des percussions brésiliennes à leur thrash], tandis que PANTERA et MACHINE HEAD développent des répertoires personnels aux nombreuses nuances_ dans la violence. Sans oublier d'autres illustres représentants tels DEATH, CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL, POSSESSED, NAPALM DEATH, DEICIDE, ENTOMBED, GOREFEST parmi une multitude.
Pour ne pas mourir, le metal subsiste depuis quelques années par ses mariages imprévisibles ou sa radicalisation : le hardcore, le punk [pas hard rock dans le sens strict, NIRVANA avait une attitude mais tenait autant de la pop que du punk], l'électronique et l'indus [MINISTRY en tête, mais aussi NINE INCH NAILS_], le funk [LIVING COLOUR], le rap [RAGE AGAINST THE MACHINE, Ice-T dans BODY COUNT], un melting-pot à peine définissable [dans différents registres : SUICIDAL TENDENCIES, FEAR FACTORY ou WHITE ZOMBIE] ou la redéfinition simpliste d'un style avec une étiquette maladroite [le grunge au début des 90s qui englobe sans discernement toutes les gloires de Seattle, NIRVANA, PEARL JAM, SOUNDGARDEN, ALICE IN CHAINS_ alors qu'ils n'ont rien à voir entre eux !]. Et lorsque le hard rock manque d'idées, les vieilles gloires se reforment : de DEEP PURPLE en 1984 à KISS remaquillé en 1996, il est tellement simple de faire de l'argent neuf avec du vieux. Quant aux guitar-heroes, qu'ils se nomment Joe Satriani, Steve Vai, Yngwie Malmsteen parmi des centaines d'autres, ils ont pris en main depuis bien longtemps leur carrière solo_
Une chose est certaine. Le hard rock et le heavy metal n'ont jamais été à la mode et l'ont toujours été à la fois. C'est ce paradoxe et le renouvellement systématique d'une clientèle, à une étape incontournable de sa vie qu'est l'adolescence, qui garantissent la pérennité du genre. Quel autre mouvement peut en dire autant ?
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