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L'histoire de la Country.

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1 L'histoire de la Country. le Sam 24 Avr - 4:54

Toni

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Nous sommes en 1734. Les émigrants irlandais ou écossais posent pour la première fois le pied sur ce qu’on appelle le « Nouveau Monde ». Ils foulent enfin ce sol, nouvel Eden, synonyme de liberté, de travail, de fortune : le rêve américain.

Ils viennent de quitter les plaines du Nord de Belfast fuyant la misère, le semi-esclavage, la justice et les archers du roi. Là, une nouvelle vie s’offre à eux.

Certains ne savent rien faire d’autre que de s’occuper des troupeaux. Sauf que là, ils espèrent posséder leurs propres bêtes.

D’autres sont paysans, ouvriers plus ou moins spécialisés, petits commerçants appâtés par la possibilité de se refaire une virginité.

Tous débarquent les mains vides ou presque. Ils n’ont avec eux qu’un marteau, des clous, une faux, un râteau et quelques instruments de musique rudimentaires.
• Le soir, après le dur labeur, ils se réunissent autour du feu pour « parler du pays », faire de la musique et chanter. Leur musique est très primaire, exécutée sur des violes, des luths, des vièles, des lyres, des guimbardes et des guitares à cinq cordes (la sixième n’apparaît qu’à la fin du XVIIIe siècle).
Peu à peu cette musique cimente leur communauté ainsi que la civilisation qu’ils sont en train de créer.
• Leur musique ressemble encore à celle qu’on entend aujourd’hui dans les pubs de Cork, de Dublin, de Glasgow etc…
cette musique dont s’inspirent toujours Sean O’ Connors, les Cranberries ou les Pogues.
II – La diversité au sein d’une même musique

• A partir du XIXe siècle, deux types de musique country 100 % blanche fondamentalement opposés se développent dans cet immense pays des Etats-Unis d’Amérique :

Le Bluegrass, musique paysanne qui rend compte de la vie quotidienne des pionniers et de leurs difficultés.

Le Square Dance, forme westernienne du quadrille que l’on danse lors de fêtes huppées de la nouvelle jet set émergente et qui n’a d’autre but que l’amusement, la légèreté, l’insouciance et la drague gentille.

Mais l’une comme l’autre revendiquent les valeurs essentielles de cette nouvelle Amérique profonde : la famille, Dieu, la morale et surtout leur foi en l’esprit d’entreprise et en la propriété individuelle.

Conservatrice, nationaliste, puritaine et moraliste : tels sont les traits principaux de la Country Music.
III – Le XXe siècle
Dans les années 40, trois autres styles de musique country font leur apparition :
Le Hillbilly boogie, le Honky tonk et le Cajun (chanté par les acadiens, français expulsés du Canada par les anglais et qui émigrent en Louisiane).
• Le Hillbilly et le Honky tonk apparaissent quand la guitare électrique se généralise.
Ces deux styles incarnent tous deux la musique citadine (par opposition au Bluegrass essentiellement rural).
• Le Honky tonk est joué dans les bars miteux, cabarets ou boîtes de nuit où l’on boit bière et whisky toute la nuit entouré de « filles faciles ».

Cette musique s’installe peu à peu aussi bien en Lousiane ou au Texas que dans l’Indiana, l’Idaho ou le Wisconsin.
Malgré la diversité des styles, on peut affirmer sans équivoque que :
la musique country
c’est le sentiment d’appartenance à un terroir, c’est le mythe de la possession terrienne,
c’est l’acceptation des difficultés de la vie parce qu’elles sont imposées par Dieu.
IV – Les grands pionniers de cette musique


1. La Carter Family
• La famille Carter, originaire du Tennessee, est une sorte de caricature de la musique traditionnelle américaine : une « petite maison dans la prairie » vocale. Quatre femmes et un homme, deux guitares, un washboard, un violon, voilà la formation idéale pour chanter les fleurs, les champs, la paille, les rivières, les clairs de lune et l’amour.
La Carter Family enregistre ses premiers disques en 1927 pour le compte de Victor, ancêtre de la RCA. Elle est le groupe le plus influent de la Country.

2. Jimmie Rodgers
• Il incarne plutôt le style cow-boy. Il est d’ailleurs l’inventeur du style « yodeler » cette façon très tyrolienne de moduler son chant.
Issu d’une famille très pauvre du Mississipi, il vend près de cinq millions de 78 T en sept ans (carrière très courte) avant de mourir de tuberculose alors qu’il vient d’enregistrer « TB Blues », TB signifiant « tuberculose ».

Jimmie Rodgers fait parti des artistes idolâtrés par Elvis Presley au même titre que Hank Williams.

3. Hank Williams
• Son enfance est marquée par l’absence d’un père qui quitte le domicile conjugal alors qu’il a tout juste 6 ans. Elevé par sa mère et sa sœur, il est d’une santé fragile. Solitaire, il se réfugie dans la musique et possède sa première guitare à l’âge de 9 ans.

A 16 ans, il quitte l’école et se lance dans une carrière de chanteur en se produisant dans les radios locales de l’Alabama. Ses prestations de qualité attirent l’attention des pontes de Nashville qui malheureusement s’enfuient en courant à la vue d’un homme alcoolique qui n’a que 20 ans.

En 1943, Hank épouse Audrey Mae Sheppard qui réussit à convaincre Fred Rose, éditeur, d’enregistrer son mari. Sort alors, en 1947, le premier single de Hank Williams : « Move it on ever ». Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Mais c’est cependant « Honky Tonkin » qui lui permet d’accéder au statut de star.

En 1948, il est admis en vedette au Louisiana Hayride, temple de la Country. Dans la foulée, il enregistre « Lovesick blues » qui devient son plus gros hit du moment. Les portes du Grand Ole Opry s’ouvrent enfin à lui. Il en est la vedette incontestée de Juin 49 à Juillet 52. C’est la consécration absolue.

Mais en même temps, il joue avec la mort en associant alcool et drogue.
C’est ainsi que le 1er janvier 1953, on le trouve mort manifestement d’une overdose à l’arrière de sa Cadillac alors qu’il a à peine 30 ans.
On peut considérer que Hank Williams est le fondateur de la musique country moderne.



• Le Grand Ole Opry :

Situé à Nashville, ce lieu fait littéralement rêver tous les chanteurs sudistes qui voient en lui une sorte de lieu saint. Se produire au Grand Ole Opry et y recueillir un certain succès constitue un marchepied vers la gloire et la fortune.

Chaque semaine, un show de trois heures est proposé aux amoureux de la Country, ce show étant radiodiffusé dans tous les Etats du Sud.

4. Ceux qu’il faut également citer
• Les hommes : on doit évoquer, parmi ceux qui influencèrent des générations entières de chanteurs, Hank Snow, Roy Accuff, Bill Monroe, Roy Rodgers, Ernest Tubb, Red Foley, Don Gibson, Doc Watson, extraordinaire chanteur aveugle virtuose du banjo et de la guitare.

Tous ces chanteurs ont un impact direct sur les chanteurs country contemporains comme Willie Nelson, Kris Kristofferson etc… et sur des groupes pop-rock des années 70 tels que Eagles, Creedence Clearwater etc… ou sur des superstars de la scène US comme Dylan, Springsteen etc…
• Les femmes : comment ne pas mentionner ces chanteuses de country qui ont inspiré à des milliers d’autres : Dolly Parton, Emmylou Harris, Linda Ronstadt etc…?

V – L’homme en noir : JOHNNY CASH


• S’il faut retenir un nom parmi ceux qui, comme Elvis, Robert Johnson (qui est au blues ce qu’est Hank Williams à la country) et HankWilliams, ont contribué à rapprocher « black blues » et « country blanche », c’est celui de Johnny Cash.

Membre de l’écurie Sam Phillips chez Sun en 1955 aux côtés d’Elvis, Roy Orbinson, Jerry Lee Lewis et Carl Perkins, « theman in black » (il est toujours vêtu de noir) est celui qui innove en donnant toute son ampleur à la guitare basse (la fameuse « walking bass »).
Il est certainement la plus belle voix de la Country d’aujourd’hui.

• Né en 1932 dans l’Arkansas, il devient garçon de ferme. A 12 ans, il perd un de ses frères dans un accident. Cet évènement dramatique le pousse à écrire des poèmes, à apprendre à jouer de la guitare et puis à composer ses premières chansons.
Dès lors, il bourlingue. Il vit de petits boulots jusqu’à son engagement dans l’armée de l’air en Allemagne, pays dont il garde un souvenir ému grâce aux bières munichoises.
• Il se marie après l’armée, en 1954. Il part alors pour Memphis où il devient vendeur de petits accessoires électriques « à des gens qui n’en ont pas spécialement besoin » dit-il. Ce métier lui fait honte. Il a un sentiment de malhonnêteté.
• Mais c’est là, à Memphis, qu’il rencontre Luther Perkins, guitariste et Marshall Grant, bassiste. Avec eux, il met au point un répertoire de Gospel et obtient une audition aux studios Sun de Sam Phillips dont la réputation commence à grandir dans la région.
Echec ! « Désolé, il n’y a pas de marché suffisant pour ce type de musique » dixit Sam. Alors Johnny entame « Hey Porter ». Cette fois, Sam Phillips est séduit et début 1955, Johnny sort son premier 45 T chez Sun « Cry, cry, cry » qui se vend à plus de 100 000 exemplaires rien que dans le Sud.
Quelques mois plus tard, il sort son deuxième disque qui se vend à deux millions d’exemplaires « Folson prison blues » et « I walk the line » qu’il a composé sur un rythme très lent mais que Sam Phillips lui fait accélérer.
- Il faut dire, qu’à la même période, dans cette même maison de disques, se produisent Elvis, Jerry Lee et Carl Perkins
- Johnny se sent ainsi très vite prisonnier de l’image.
Malgré ses chansons « pur country », on le considère comme un chanteur de Rockabilly. Il ne déteste pas le Rock mais il se sent incapable d’en chanter. Ce n’est pas sa culture ni sa sensibilité.

• Ainsi, il quitte les studios Sun en 1958 pour signer chez CBS. Là, le succès devient important. Sa notoriété dépasse les frontières américaines.
Si bien qu’à 27 ans, il a tout simplement fait fortune. A présent, il donne pas moins de 300 concerts par an.

Et naturellement, comme beaucoup d’autres, il tombe dans l’armoire à pharmacie.
Il avale des quantités phénoménales d’amphétamines pour, dit-il, vaincre sa timidité maladive et surtout le rythme incessant des tournées.
Les somnifères y sont associés pour en annuler les effets, puis l’alcool pour clore le cocktail; le cycle infernal. Malgré leurs quatre enfants, sa femme décide de divorcer.
• Mais en 1961, il rebondit grâce à l’amour. Il rencontre June Carter, fille de la Carter Family qui refuse pourtant le mariage quand elle découvre qu’il se drogue en cachette.
• Désabusé, Johnny se retrouve alors à New York où il fréquente les beatniks.
C’est là qu’il rencontre Bob Dylan avec qui il se lie d’une amitié et d’une complicité sincères.
Il se nourrit désormais d’un esprit de non-violence, prend parti pour l’émancipation des Noirs et dénonce les spoliations dont sont victimes les Indiens.
Ces idées marquent profondément le « man in black ».
• A la fin de 1963, il renaît avec une chanson cosignée par June Carter « Ring of fire » qui prend la tête des hit parades. Très engagé, il enregistre alors en 1964 et 1965 « Blood sweat and tears » en hommage aux travailleurs exploités et « Bitter tears » qui dénonce le traitement infligé aux Indiens.
• En 1968, June Carter accepte le mariage alors qu’il tient sa promesse d’arrêter la drogue et qu’il aide son copain Carl Perkins à en faire autant vis-à-vis de l’alcool. Il entame une deuxième vie qui lui promet une carrière exceptionnelle. Ses fameux concerts donnés devant les détenus de la prison de St Quentin font le tour du monde.
• Au début des années 70, il est au sommet de son art et devient l’une des stars les plus rentables de CBS aux côtés de Dylan, Simon & Garfunkel et Barbara Streisand. Il est apprécié de tous les publics que ce soit les amateurs de rock, de blues ou de bluegrass.
• Après une fabuleuse carrière, Johnny Cash, adresse son adieu final à 71 ans depuis l’hôpital de Nashville en septembre 2003.
Johnny Cash a transformé cette musique un peu primaire en véritable musique universelle.
Il est à ce titre, un phénomène unique dans l’histoire de la Country
à qui il a véritablement donné ses lettres de noblesse
Il restera une image, celle de l’immuable homme en noir, une voix, un son.
Tout cela était déjà en place dès les premières rencontres avec Sam Phillips.
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