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Conneries et idiotie de Nasr Eddin Hodja!

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Maïssam

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Rappel du premier message :

C'est un texte très ancien qui décerne à Nasr Eddin Hodja le titre d'« idiot complet ». Il ne faut pas se méprendre : cette qualification n'est pas un blâme mais un éloge. Elle ne signifie pas que Nasr Eddin soit complètement idiot, selon l'expression usuelle, mais bien plutôt qu 'il est un « idiot accompli» Exclamation Comme d'autres accèdent à l'illumination, il aurait atteint le stade suprême - sublime - de l'idiotie. Smile
Mais de quelle sorte d'idiotie ? Existerait-il une forme de sottise ou d'ignorance dans laquelle on puisse exceller sciemment en quelque sorte Question
Voici l'une des « perles » que nous propose notre héros...


26 LA CORDE A LINGE. le Lun 17 Sep - 3:13

Maïssam

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- Nasr Eddin, peux-tu me prêter ta corde à linge ?, vient lui demander un autre de ses voisins. Ma femme va faire une grande lessive.
- Tu n'as vraiment pas de chance, répond le Hodja sans même lui jeter un regard. Je viens juste de m'en servir pour mettre à sécher de la farine.
- Par Allah ! Tu prétends faire sécher de la farine sur une corde à linge ? Et tu veux que je te croie ?
- Tu n'es qu'un ignorant. Tu ne sais pas encore que lorsqu'on n'a pas envie de prêter sa corde à linge, on est capable de faire sécher n'importe quoi dessus ?

27 L'HABIT. le Lun 17 Sep - 3:09

Maïssam

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Nasr Eddin reçoit un jour un marchand de la lointaine ville de Brousse, recommandé par un ami, et désireux d'étendre ses affaires dans la région d'Akchéhir.
L'homme souhaitant être présenté aux notables du cru, Nasr Eddin, qui voit bien que ce qu'il porte est défraîchi par le voyage, lui propose de lui prêter son plus bel habit, et les voilà partis pour une tournée, qui commence par le cadi.
- Honorable cadi, commence Nasr Eddin en entrant chez le juge, je te présente Tarik, un homme que je me réjouis de compter parmi mes amis. La noblesse de ses manières et sa science du commerce sont admirables, mais l'habit qu'il porte est le mien.
A peine sont-ils sortis, que le marchand laisse éclater sa mauvaise humeur :
- Par la barbe du Prophète ! Quelle incongruité ! Aller dire que l'habit que je porte est le tien ! Le cadi n'a pu s'empêcher de penser que j'étais trop pauvre pour m'habiller comme il faut moi-même. Tu n'as pas causé un mince dommage à mes affaires !
- Excuse-moi, répond Nasr Eddin, je n'avais pas pensé te faire du tort. Allons maintenant chez l'imam. Tu vas voir que je vais réparer ma faute.
Depuis le seuil de la maison de l'imam, Nasr Eddin lance :
- Imam vénéré, j'ai la joie de te présenter Tarik, un homme d'une grande piété, qu'Allah le bénisse ! Quant à l'habit qu'il porte, c'est le sien.
Une fois dehors, le marchand se met à invectiver son compagnon :
- Ô Nasr Eddin, ô mécréant ! Mais où as-tu donc la tête sous ce turban ? Ce saint homme a dû me prendre pour un paon et penser que je tenais à lui faire remarquer ma tenue. D'abord tu me ruines, et maintenant tu me ridiculises !
- Tu as raison, s'excuse Nasr Eddin, je voulais réparer mon erreur, et je l'ai aggravée.
- Écoute-moi bien, Nasr Eddin : à la prochaine visite, pas un mot sur l'habit que je porte, c'est compris ? Bouche cousue !
Les deux hommes se rendent donc pour finir chez le soubachi :
- Je te présente Tarik, un homme d'une grande renommée, dit Nasr Eddin d'entrée. Quant à l'habit qu'il porte, je n'en parlerai pas, il m'a demandé lui-même de n'en rien dire.

28 LA FORCE DU VIEILLARD. le Lun 17 Sep - 3:07

Maïssam

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Nasr Eddin aime bien se rendre au tchaïkané, où l'on peut bavarder avec amis et connaissances tout en sirotant son thé.
- Vous ne me croirez pas, lance-t-il un soir, mais en vieillissant j'ai conservé la même force que dans ma jeunesse. Je n'en reviens pas moi-même.
- Ce n'est pas possible, Nasr Eddin, tu te vantes. Depuis quand une vieille haridelle montrerait-elle la vigueur d'un jeune étalon ?
- Telle est pourtant la vérité.
- Prouve-le.
- Tenez : vous connaissez l'énorme meule de pierre que j'ai derrière ma maison ? Eh bien, dans la force de mes vingt ans, je n'arrivais pas à l'ébranler.
- Et alors ?
- Et alors, aujourd'hui je n'y parviens pas davantage, c'est vous dire !

29 L'OISEAU MERVEILLEUX. le Lun 17 Sep - 3:05

Maïssam

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Sur le marché, un camelot propose pour deux pièces d'argent un oiseau aux merveilleuses couleurs, rouge, vert, jaune, bleu.
- Et surtout, il parle, précise le marchand dans son boniment. Il est capable de répéter tout ce qu'on lui dit. Achetez l'oiseau des îles ! Qui veut l'oiseau des îles ?
Toute la matinée, cette rareté provoque un grand étonnement parmi les chalands, mais personne ne l'achète : on trouve son prix élevé, bien trop élevé, et le marchand ne veut pas en rabattre.
Le lendemain, c'est au tour de Nasr Eddin de se présenter sur le marché, avec un dindon, qu'il a installé sur un perchoir, un dindon tout noir qu'il a pris dans sa basse-cour, et pour lequel il ne demande pas moins de trois pièces d'argent !
Est-il devenu fou ? A moins qu'il ne prépare encore quelque coup de sa façon...
- Explique-nous ce mystère, finit par lui demander un homme devant les curieux assemblés. Comment peux-tu espérer vendre un dindon à un tel prix, alors que pour la même somme on peut avoir un troupeau tout entier ?
- Ne discute pas, ignorant ! Si l'oiseau d'hier valait deux pièces d'argent, le mien en vaut bien ttois. Je ne baisserai pas mon prix d'un aktché.
- Ta plaisanterie est de mauvais goût, Nasr Eddin. L'oiseau que nous avons vu hier est une merveille. Il parle.
- Justement, répond Nasr Eddin, justement ! Mon dindon, lui, fait beaucoup mieux !
- Ah ! Et quoi ?
- Il pense.

30 LA LETTRE. le Lun 17 Sep - 3:00

Maïssam

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Dans la petite ville d'Akchéhir où il habite, Nasr Eddin passe pour très savant.
Un jour, une vieille paysanne vient le trouver, une lettre à la main. C'est la première fois qu'elle en reçoit une, et elle ne sait pas lire.
- Nasr Eddin, je te prie, lis-moi cette lettre. Pourvu qu'elle ne m'apporte pas une mauvaise nouvelle !
Nasr Eddin prend la lettre et la parcourt des yeux. Au fur et à mesure qu'il avance dans sa lecture, sa physionomie s'assombrit et soudain il fond en larmes, au grand émoi de la paysanne.
- Ô Nasr Eddin, ne me fais pas languir davantage. J'ai perdu rna sœur Aïcha, c'est cela ?
Mais Nasr Eddin continue sa lecture sans répondre et, peu à peu, les larmes laissent place à un sourire de plus en plus épanoui, qui, à la deuxième page, se transforme en un éclat de rire, en un fou rire irrépressible qui ébranle jusqu'à son turban.
La vieille n'y tient plus :
- Nasr Eddin, tu me feras mourir ! D'abord tu pleures, ensuite tu ris. Aie pitié de moi !
- Ah ! ma bonne vieille, réussit enfin à articuler Nasr Eddin, ne te fais aucun souci. Si je pleure, c'est tout simplement parce que tu ne sais pas lire.
- Mais pourquoi ris-tu alors ?
- Parce que moi non plus.
QUI CELA CONCERNE-T-IL ?
Nasr Eddin et son voisin prennent le frais, assis chacun devant sa porte, à quelques pas l'un de l'autre. Tout à coup, le voisin se lève et s'écrie :
- Nasr Eddin, regarde ! Regarde là-bas sur la place : il y a un homme qui marche et qui porte un plat fumant ! Mais c'est une oie, je crois. Oui, ou une dinde.
- En quoi est-ce que cela me concerne ? murmure Nasr Eddin sans bouger, les yeux mi-clos.
- Mais Nasr Eddin, il vient par ici, il se dirige tout droit vers ta maison !
- En quoi est-ce que cela te concerne ? répond Nasr Eddin en ouvrant les yeux et en se levant à son tour.

31 COMMENT CHERCHER. le Lun 17 Sep - 2:57

Maïssam

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Rentrant fort tard de la maison de thé, Nasr Eddin laisse tomber, devant le seuil de sa maison, l'anneau qu'il porte au doigt.
Aussitôt l'ami qui l'accompagne s'accroupit pour chercher à tâtons. Nasr Eddin, lui, retourne au milieu de la rue, qu'éclairé un splendide clair de lune.
- Que vas-tu faire là-bas, Nasr Eddin ? C'est ici que ta bague est tombée !
- Fais à ta guise, répond le Hodja. Moi, je préfère chercher où il y a de la lumière.

32 LE SERMON. le Lun 17 Sep - 2:55

Maïssam

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Nasr Eddin, un jour, est de passage dans une petite ville dont l'imam vient de mourir. Les habitants, prenant le voyageur pour un saint homme, lui demandent de prononcer le sermon du vendredi. Il monte en chaire et interpelle la nombreuse assistance :
- Chers frères, savez-vous de quoi je vais vous parler ?
- Non, non, font les fidèles, nous ne le savons pas.
- Comment ? s'écrie Nasr Eddin en colère, vous ne savez pas de quoi je vais vous parler dans ce lieu consacré à la prière ! Je n'ai rien à faire avec de tels mécréants.
Et le voilà qui descend de la chaire et quitte la mosquée.
Impressionnés par cette sortie qui les confirme dans leur conviction que l'homme est d'une grande piété, les gens s'empressent d'aller rattraper le Hodja et le supplient de revenir prêcher. Il remonte alors en chaire :
- Chers frères, vous savez peut-être à présent de quoi je vais vous parler ?
- Oui, oui, répondent en chœur les fidèles, nous le savons !
- Fils de chiens ! tonne Nasr Eddin. Par deux fois, vous m'importunez pour que je prenne la parole, et vous prétendez savoir ce que je vais dire !
Il quitte alors de nouveau les lieux, laissant derrière lui l'assemblée stupéfaite : que faut-il donc répondre pour qu'un tel saint accepte de répandre ses lumières ?
Une des personnes de l'assistance propose que si la question est encore posée, les uns crient : « Oui, oui, nous le savons ! », et les autres : « Non, non, nous ne le savons pas ! » L'idée est retenue, et l'on court chercher le Hodja, qui monte en chaire pour la troisième fois :
- Chers frères, savez-vous enfin de quoi je vais vous parler ?
- Oui, oui, répondent certains, nous le savons !
- Non, non, crient d'autres, nous ne le savons pas !
- A la bonne heure, conclut Nasr Eddin. Dans ces conditions, que ceux qui savent le disent aux autres.

Maïssam

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C'est un texte très ancien qui décerne à Nasr Eddin Hodja le titre d'« idiot complet ». Il ne faut pas se méprendre : cette qualification n'est pas un blâme mais un éloge. Elle ne signifie pas que Nasr Eddin soit complètement idiot, selon l'expression usuelle, mais bien plutôt qu 'il est un « idiot accompli» Exclamation Comme d'autres accèdent à l'illumination, il aurait atteint le stade suprême - sublime - de l'idiotie. Smile
Mais de quelle sorte d'idiotie ? Existerait-il une forme de sottise ou d'ignorance dans laquelle on puisse exceller sciemment en quelque sorte Question
Voici l'une des « perles » que nous propose notre héros...

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